dimanche 4 février 2018

La balançoire



J'avais 20 ans et des pousse hier
Gorge nouée, bonbons amers
Pousse-moi sur la balançoire
Histoires d'enfance et de mémoire
Décolle-moi que je m' libère
J'avais huit ans, je voulais croire au goût du vent
Mon manège à moi c'est toit !
Je le voyais tout par dessus, la maison de grand-mère
Vos yeux durs, vos colères
Moi je volais plus haut, je m'en balançais
Pour dégainer mes hauts le cœur
Et ravaler la pluie des pleurs
Saveurs d'âme errent
Le jardin artichaut avait le goût de l'eau
Tout près la mer
Les pigeons roux coulaient en bas
Heureux de leur haut vol
Je planais
Sol y terre,
Le ciel à portée
Proust-moi en corps sur la balançoire
Dans les parfums si madeleine
Je sens la mer du Finistère
Et les embruns de grand-maman
Poires douces et sacs de pommes de terre
Dolorosa
Mater
L'enfance souffrait au cœur vivant
Très vivant, je le sentais
L'enfance aimait la vie le vent maman
Le portique et la planche
De bois mouillé
Laissez-moi voler seule de mes propres ailes
Vos mots sales me déchirent le cœur
J'ai huit ans et je sais aimer
Déjà
J'ai la joie
A corps de moi
Je n'ai pas peur d'une petite écharde
Balance soir
Je suis la poussée vertige
Je monte et je descends en ma mémoire d'enfant
Ivre d'espoir !

Veronica B, le 2 février 2018



43 commentaires:

  1. balance soir
    en balançoire-
    portique port si poétique

    et j'aime le Finistère
    où finit ma terre
    aussi...

    bisous

    Palimps... heu... Graphène/Cavalier

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    1. et il y quelque chose qui transpire
      dans tes mots
      s'étourdir un peu,
      se balançant, pour ne pas entendre
      aller plus haut, encore plus haut, toute seule
      au dessus du drame...

      c'est triste et beau

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    2. Oh, cher Graphène, je suis si heureuse de te relire !!!
      Je ne t'avais pas reconnu, désolée, mais tu as retrouvé ma route alors, même si je viens peu sur les blogs maintenant tu sais.
      Touchée de t'heureux lire alors, c'est très gentil.
      Tu es toujours aussi poète ...
      et cultivé ;)
      Je t'embrasse en amitié

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    3. Et c''est vrai qu'il faut parfois toute une vie, quarante ans, pour laisser sortir l'aime haut ! pour les dire ces émotions vécues, gardées, de l'enfance ...
      Les voix chères qui se sont tues et les voix chairs qui, ce son, tuent !

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    4. En parlant de son , j'entends encore le crissement régulier et lancinant de la balançoire un peu rouillée.
      C'est très vivant dans ma mémoire, à la fois beau et triste oui.
      C'est un élan de survie, où la vie monte plus haut et dépasse..." loin des miasmes morbides, va te purifier dans l'air supérieur ... " déjà Baudelaire s'imprégnait et poussait en moi ...
      La poésie a des ailes ! qui rendent libre et libère aussi.

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    5. c'est beau ce que tu dis-là

      bisous amie poétesse
      j'ai déserté les blogs depuis lurette et reviens un peu

      vais m'en remettre notre poème fétiche sur mon blog, tiens... rire

      à bientôt

      Graphène

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    6. Dès que possible je reviendrai sur t éther mon ami !
      Lequel poème ? 🤔😊🤣

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    7. C'est Paul, Virginie... heu Servanne
      qui était bath haut à faire

      ��

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  2. Tu as posé sur cette balançoire tant de choses de ton enfance.
    Chagrins secrets et pirouettes
    Par dessus le toit...Par dessus toi, par dessus tout.
    C'est beau...
    Très beau et étourdissant, oui...
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Merci, ma chère Célestine.
      Oui, on envoie tout balader ! là haut.
      Pis, là haut, on a vue aussi sur les arbres voisins ;)

      Bisous qui s'envolent vers toi !

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  3. Elle en sait des choses cette balançoire...
    Bisous bisous

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    1. Haut que oui ! elle en sait des choses et des roses en bas ;)

      Bisous bisous en bois de vie !

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  4. Retrouver le goût de la liberté...
    Se remettre dans ses petits souliers d'enfance
    Avec ses hauts et ses bas
    Le loup ( pas si méchant ) a mangé mère-grand....


    Câlinsss!!!

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    1. Comme c'est joli, chère Claire, les souliers d'enfance qu'on rechausse oui...
      Oh oui, que la grand-mère vilaine soit vite avalée par le loup ! :)
      Bon après elle pourra ressortir de son ventre mais on la laissera dans sa maison enfermée à double tour.
      Le petit chaperon rage n'ira pas tourner la bobinette qui ne cherra pas ! ;)

      Câlindoux en chaussons du soir

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  5. Quelle est la poigne qui pousse cette scie poignante balançoire ?
    Le Ciel, par dessus le toi ?
    Que les tripes en soucis en sont sciées d'aime haut scions...
    Même mouvement, binaire, de va et vient...
    En te lisant, j'ai aussi entendu chanter dans tes mots, la femme du vent d'Anne Sylvestre... plus dans les sons que dans le fond...
    https://www.youtube.com/watch?v=qd8ol12XxGY
    Tu as la joie, l'art d'aimer, en toi, depuis toujours, et malgré tout...
    Alléluia !

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  6. Ô toi qui sens la scie sauteuse
    En m aime haut
    Livrés au dedans de mère
    Oui
    Tripes et poings liés
    De grâce
    Laissez nous voler de nos propres ailes
    Être bi ou pôle air
    Être libre d hier
    Pour être fort demain

    À chaque jour suffit sa peine
    On s en balance
    Nous sommes des enfants de l amour
    Vertiges
    On s en tape le coq y art

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  7. Les mots que l'on dit "du temps vivant", ranimés,
    Les mots que l'on tait,
    Les mots tus, ceux qui chantent encor', encoeur',
    Les autres,
    Ceux qui affleurent des premiers jours avec l'âme du dessus
    Ou du fond,
    Respirent à nouveau avec l'escarpolette enroulée
    Dans la mémoire libre qui se souvient !

    Merci Veronica pour cette belle envolée dans hier !
    Bisous frais.
    Den

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    1. Oui, c'est bien ça, chère Den, les mots balancés, ranimés, les mots tus et qui sortent prendre l'air et levant, se livrent dans liés air ...

      Bisous doux en toile de nuit

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  8. Des mots toujours magnifiques avec les souvenirs qui ne s'effacent pas et quel plaisir de vous lire avec la complicité d'une balançoire que j'ai aussi connu.
    Merci chère Veronica pour ce doux moment :-)
    Je vous embrasse ♥

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    1. Merci chère Denise, de sentir cette complicité, certains souvenirs sont plus prégnants que d'autres oui.

      Je vous embrasse...

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  9. Prendre de la hauteur et pouvoir considérer que le principal c'est d'être libre de se balancer et parfois oublier, ivre de l'air du temps, et sentir tout l'espoir dans un ciel infini...
    Oh! jolie poète comme tu m'inspires la vie !
    Un abbraccio forte

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    1. Oh comme il est doux ton commentaire chère Enie.
      Il s'était perdu dans les spams vois-tu. Je préfère me pâmer à te lire sur ma page, alors voilà, je t'ai retrouvée ;)
      Oui la liberté de se balancer, c'est ça !
      Merci pour ton câlin...

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    2. C'est incroyable ! Trois commentaires pour le prix d'un ! Mais ce n'est pas les soldes ici, c'est beau, non ! Ravie de les revoir ! La chance !

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  10. Là-bas dans l'soir...
    L'Iode sans pareille, l'Io désemparée
    poursuivie par l'aiguillon du temps...
    Course folle pour se faire de l'air, tire d'elle de ces piqures d'antan
    mettre de la distance... plutôt vivre au pays des nids de frelons
    Puis coup de balancier
    Revenir en pèlerine en ce beau et fort Finistère
    refaire le plein d'iode et affronter - maintenant qu'un peu vache, que cornes plus abondantes - les colères de la vieille Héra...

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    1. Très beau passage comme hanté, chère Mariane.
      Je ne m'en lasse pas, comme de l'iode de mère.

      Bisous nous.

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  11. Je planais
    sol y terre
    Le ciel à portée
    Je sens la mer du Finistère et les embrums de grand maman




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  12. Et puis c'est une image très poétique une fille ou une femme sur une balançoire. Ça fait rêver les hommes qui perçoive une douceur tendre se dessinant dans leur imaginaire.

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    1. C'est joli Laurent ce que tu dis là ...
      La douceur tendre féminine que tu perçois, sur la balançoire et je comprends l'image que tu perçois.

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  13. Bal en soi et rient tournent ailes ..............malgré l'amer du vent, tu savais déjà danser l'âme-air !

    Tout ce qui, ici et hâle-heures, émane en senteurs enfouies et trésors gardés, en plaies lavées par la mer et le tant trouvé, m'a bouleversée ...!

    Je sens et ressens tant dans ce sang de tes mots versés, taire et ciel mêlés ....bisou madeleine : sabine

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    1. Merci, chère Sabine, pour toutes les exhale et sons de ta fine sensibilité de poète.

      Agrès du vent
      En sol y taire
      Trésor gardé trésor à mère
      S'envolera
      La délivrance !

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  14. J'aime ta poésie ailée qui nous libère et nous aide à nous envoler et même à nous faire tomber dans les roses si proches sans se faire piquer !
    Beau dimanche chère poétesse !

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    1. Du coup, j'ai droit à plusieurs comms, trop sympa :)
      Merci, tes mots me touchent.

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    2. Mais, le revoilà !!! Non capito ! Bisous

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  15. comme j'aimais partir à la conquête du ciel lorsque j'étais enfant - mon frère, me poussait avec patience et suivait à la lettre mes "encore, encore"
    je n'ai pas réussi à partir - mon rêve est intact et mon frère est parti -
    il me garde une place dans un beau nuage blanc...
    Solène

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    1. Comme le dessin de tes mots, je le vois, avec ton frère et toi et ta poésie si douce ma Solène, tellement vraie et toi.

      Oui vous vous retrouverez un jour dans un beau nuage blanc ...
      Et je viendrai te visiter ;)

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  16. Mais pourquoi je ne retrouve pas mon commentaire ?
    J'ai oublié ! Et, l'émotion n'est plus et je peine à essayer de retrouver mes premiers mots... Dommage mais je t'embrasse deux fois chère Valentine, oh! Veronica !

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    1. Mais si tu es là et bien là chère Enie, alors moi je prends tout tes baisers !

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  17. Cette ode à l' enfance est une merveille qui pousse dans le coeur de chacun tant de coups de balançoire ... le vent dans les cheveux on se balancera toujours entre le passé et le présent ...
    Merci pour ce moment magique
    Bisous ma Véro

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    1. Et merci à toi ma chère Mathilde, j'aime te lire tu sais ... :)

      Magie de nos cœurs croisés

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  18. J'aimais me balancer, tête en bas, renversant ce ciel bleu, le mouvement recréé de tourne-terre.
    Pas encore en état de le refaire ainsi, ce mouvement cul par dessus tête ! ;)

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  19. Ah cette cette balançoire qui nous entraîne avec toi, à l'intérieur de tes mots d'enfant, toi la jeune fille au jardin de poésie! J'entends son grincement régulier et tes murmures et tes chants ouverts et cachés. J'écoute le balancement du temps, tempo des mots qui fuient et qui reviennent. Musique émouvante qui nous confie, en avant, en arrière, que nous sommes vulnérables et fiers.

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  20. Magnifique poème !!! Et photo ♥

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  21. Chère Veronica.
    Un grand merci d'être venue me rejoindre sous mon toit.C'est toujours un bonheur de t'accueillir.
    Ce poème qui se balance entre hier et aujourd'hui, entre enfance et
    maturité, entre montées et descentes, est un petit bijou.
    Tes jeux de mots(parfois de maux) sont toujours à la fois bien trouvés, amusants et profonds car ils sont messagers de réflexion,
    d'interrogations et de vérités.
    Il y a dans tes écrits la face ouverte et la face cachée.Ils me rappellent cette magnifique citation d'André Suarès:
    "L'art du clown va bien au delà de ce qu'on pense.Il n'est ni tragique ni comique.Il est le miroir comique de la tragédie et le
    miroir tragique de la comédie.
    Pour moi tu es un clown de l'écriture et de la poésie.
    En toute amitié et en toute osmose.
    Renaud

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Je recueille t'aime haut et te lis bien et beau ...
Merci pour ton charme en passage !