mercredi 9 août 2017

Haut Mage ...


Ecouter la forêt qui pousse plutôt que l'arbre qui tombe. Friedrich Hegel.

Jamais cette phrase du philosophe n'avait fondu dans ma bouche avec autant de résonance et d'échos familiers ...
En effet, tandis que je vaquais à mon jardin quotidien ( donne-nous aujourd'hui notre pin de ce jour, comme un arbre dans ma vie ) sous la couvée de chênes et un ciel ami de teintes ( plus subtil qu'un ciel à demi-teinte ),  je voyais comme un grand four, un four à micro ombre, tout le sens de la VIE qui m'entourait, un dessin dont les contours se précisaient, tout était plus clair, au carré, j'étais losange.
De ces chênes superflus ou malades que j'avais fait abattre et dont il ne restait que de belles souches signées d'une main technicienne amoureuse, jamais je n'oublierais le bruit sourd qui tombe, la force aux ricochets, le puissant coup dans mon cœur et la mer de soleil qui, à l'or de mes yeux fascinés, d'une main de géant, avait tout repeuplé ...
J'ai compris, oui j'ai pris avec moi, l'ombre et la lumière.
J'ai aimé la lumière qui reprenait sa place au soleil.
J'ai mieux aimé la petite forêt qui repoussait mes ombres.
J'ai en moi la clé de voûte de mon existence.
La pierre précieuse de ma caverne dense.
Soute et reine.
Te souviens-tu du chêne en V, en moi je songeais ...
Le chêne Victoire, Niké en grec ancien,  latine Véronique.
Je le croyais mien.
Oh ma déesse.
Moi la celte féconde.
Oui, un chêne aux larges bras pédonculés, branches massives et tortueuses, aussi haut que beau.
Ses lobes ajourés, amis de la lumière.
Toujours plein de réserves. Une vie sous la vie. Rivière sous la rivière.
Ses racines profondes, plongées dans l'humus. Odeurs vagabondes, moelleuses, haut thymus.
Sanctuaire polygone effeuille langue-mémoire.
Tu glanderas mon monde.
Ton bois souple et dur pour sculpter ...
ô ma forêt durable !
Couronnée.
Même absent resteras mon Dodone
Robur
Homme à forer durable ?
Sa Majesté, je vous aimais ...

Veronica B, le  juillet 2017, in Dans ma forêt profonde.

11 commentaires:

  1. "Je vous aimais", et je vous aime encoeur'... tout l'amour pour tes arbres que je perçois ici Veronica me parle si profond'aimant, tes chênes abattus comme de petites mortes.... petites ? je ne crois pas ..mais dans l' amour "durable" enraciné, dans l'éterne-été ---de tes deux-mains prestes et agiles tu as tout repeuplé.... de soleil rutilant, d'ombre bienfaisante et de lumière d'âme-hissée.
    Merci Veronica de revenir en beauté sur la page couronnée de ton "Aime-Haut" !
    douce journée à toi.
    Je t'embrasse "bien et beau".
    Den

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  3. Oh mon amie que ton poème est beau encore une fois !! Avec cette delicatesse et cette majesté que tu as ... " Ses lobes ajourés, amis de la lumière.
    Toujours plein de réserves. Une vie sous la vie. Rivière sous la rivière." Comme tu fais echos à mon coeur .. à mes tourments aussi !
    Je ne sais plus qui a dit " la patience est comme un arbre, ses racines sont amères mais ses fruits si doux" 😊 Merci encore Véronica ! Et j aime les arbres tendrement comme toi 😉
    Biz !
    Ton amie Julie....

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  4. Vos mots touchent mon coeur car les arbres sont mes amis et quelle merveille de pouvoir les toucher, les caresser. J'imagine votre bonheur de les voir près de vous. L'arbre est la vie et il nous ressource. Merci chère Veronica de ce très beau billet.
    Je vous embrasse ♥

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  5. Bel hommage en image et mots !
    Ecoutons la forêt qui pousse ♥

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  6. je te vois comme un arbre léger et caressant - dans une forêt qui
    chuchote sur ton passage - j'aime plus l'amie-ombre que le plein
    soleil - tu me fais une place dans ton fourré bruissant et j'arrive
    dans l'instant pour te dire l'incroyable ...
    Et je reste
    Solène

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  7. J' ai trop peur de comprendre que ton chêne adoré a subit les outrages du temps ...?
    Le vent et la tempête auraient eu raison de lui ...?
    Tes mots toujours si bien choisis ...
    " J' ai en moi la clé de voute de ton existence " ...
    Je pense que pour lui maintenant c' est le meilleur des refuges ...
    Tout en méditant tu sauras toujours l' y retrouver ... !!
    Mais que la peine est profonde quand on perd un Ami .si précieux .
    Je rêve souvent que mon noyer adoré a disparu de mon jardin ... quel bonheur au réveil de constater que toujours il veille ...:-)
    Pense à toi très fort

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  8. Comme j'aime ton poème ! Ton Dodone Robure m'a fait penser au bruissement des feuilles des chênes autour de notre maison, cet après midi où le vent leur a raconté une histoire... C'est vrai les arbres nous parlent, je les ai encore entendus, encore une fois et la pluie est venue les rafraîchir ! Oui, écoutons nos arbres !
    Belle nuit à toi !

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  9. Il y a peu, j'ai pleuré, lorsque j'ai vu que des mains vaillantes mais qui ignoraient mon attachement à cette vieille souche de poirier, l'avaient arrachée de cette terre qui est mienne. Vieille souche qui continuait à m'offrir trois poires chaque année, et qui avait été sauvée par les mains paternelles.

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  10. Les arbres sont vraiment au cœur de votre vie.

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Je recueille t'aime haut et te lis bien et beau ...
Merci pour ton charme en passage !