mercredi 5 février 2014

Le premier bonheur du jour ...


( Clin d'oeil à Marie-Séraphine et ses délicieux bonheurs de chaque jour )
Bonheur du jour :


Aller au grenier avec une lampe-roche, taper dans les mains pour éloigner les souris ( imaginer qu'il y a "des petites" qui dansent et trottent sous les paquets en me narguant adorablement ) chercher avide aimant dans les cartons encore fermés de la nourriture poétique, prendre le premier, enlever le coach avec un goût tôt, tomber sur quatre bouquins Yves Bonnefoy, Les planches courbes, Yves Bonnefoy, Ce qui fut sans lumière,  Fernando Pessoa, Le gardeur de troupeaux, Christian Bobin, L'homme-joie ...

S'en faire une grande joie de petit matin !
Les ouvrir au hasard, et vous offrir ces mots :


" Quand ils voient un miracle, la plupart ferment les yeux. " 
Christian Bobin, L'homme-joie.

***

" Un jour de pluie est aussi beau qu'un jour de soleil, ils existent tous deux, chacun à sa façon." 
Fernando Pessoa, Le gardeur de troupeaux.

***

" Lucrèce le savait :
Ouvre le coffre,
Tu verras, il est plein de neige
Qui tourbillonne.

Et parfois deux flocons
Se rencontrent, s'unissent,
Ou bien l'un se détourne, gracieusement
Dans son peu de mort.

D'où vient qu'il fasse clair
Dans quelques mots
Quand l'un n'est que la nuit,
L'autre, qu'un rêve ?

D'où viennent ces deux ombres
Qui vont, riant, 
Et l'une emmitouflée
D'une laine rouge ? "

Yves Bonnefoy, De natura rerum, Ce qui fut sans lumière.


***

" Et quelle étrange chose que certains mots,
C'est sans bouche ni voix, c'est sans visage,
On les rencontre dans le noir, on leur prend la main,
On les guide mais il fait nuit partout sur la terre.
C'est comme si les mots étaient un lépreux
Dont on entend de loin tinter la clochette.
Leur manteau est serré sur le corps du monde
Mais il laisse filtrer de la lumière. "

Yves Bonnefoy, Les planches courbes.

26 commentaires:

  1. Offre-rire des mots...comme d'autres soignent des maux...
    Un aile-lent du coeur qui en-baume le mat-teint
    Un re-m'aide de source-hier à dorer ou de grande-mer forte
    Un "nous vaut des parts" de bonne heure...
    Une écho écho écho...écho-graphe-fit d'auteurs à la hauteur!

    Câlins!!!!

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    1. Oui chère Claire, et la spontanéité des envies ! qui nous apportent lumières, rais- confort comme tu dis, joies multiples, par les mots d'autres poètes de l'envie ...

      Câlins et becs de livres !!!

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  2. Il y a des matins magiques comme celui de laisser aller se promener les mots vers ceux qui les aiment..
    Divins cartons enchanteurs qui vous transforment une heure en une seconde...:-))
    M' en vais découvrir F. Pessoa et Y. Bonnefoy
    Merci jolie professeur...
    Plein de bises roses rien que pour toi

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    1. Oui, chère Mathilde, des matins faciles, des matins plaisants et confiants, et tous ces cartons, sages aimants, plein de parfums de coeur, de mots d'esprit et de poésie qui dorment en nous attendant ... sourire
      Tu vas tellement aimer Pessoa, Bonnefoy aussi.
      Bisous fraîche heure de vivre !

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  3. Parfois, lors d'un déménagement, les cartons, au bout d'un certain temps, nous font découvrir des trésors que l'on avait oublié. Merci pour les doux mots de ces auteurs que j'aime et au clin d'oeil à Bonheur du jour.
    Bisous chère Veronica

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    1. Avec plaisir ! chère Denise.
      Oui, c'est beau d'oublier un temps, pour mieux retrouver !
      Bisous en livrée.

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  4. Ce poème de Bonnefoy m'intrigue. Il combine pour moi le simple et le mystérieux, la lumière et la nuit, l'union et la mort. L'ombre et le rire. C'est attirant et puis on se perd ...

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    1. Je suis bien d'accord avec toi, offreuse de lumières blanches ...

      Bonne foi à toi ma Lily

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  5. Oui, Véronica, il faut monter de temps en temps au grenier pour découvrir des perles de mots qui
    permettent au cerveau de fonctionner, de rajeunir, de faire revivre le passé,d'offrir une deuxième chance aux souvenirs.
    En ce centième anniversaire du début de la guerre de 1914 j'ai retrouvé dans le mien un livre de poèmes écrits par les poilus sur le front et dont le titre est " les auteurs de la tranchée "
    Ces vers écrits par des soldats qui savaient qu'ils allaient mourir sont d'une beauté et d'une grandeur
    d'âme extraordinaires.Ils relativisent singulièrement nos problèmes d'aujourd'hui.
    Tous ces poèmes se terminent par le prénom et le nom de celui qui l'a écrit suivi, sans exception
    de la formule "Mort pour la France "
    En toute amitié, Chère Véronica
    Renaud

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    1. Cher Renaud, monter parfois oui, vite vite, comme un besoin descend ! pour heureux trouver l'aime haut qui nous habite, une deuxième jeune liesse en quelque sorte ! Repasser l'étrange que l'on avait croisé et le lire, peut-être ou sûre aimant, différemment ! parce que la vie a passé, parce que l'on a changé, évolué, mûri au sommeil ! alors le matin !
      Oh comme je comprends ton émotion à lire ces lettres de vie, et de vie tellement urgente et grave, alors on relativise tout.
      En toute âme, t'y es.

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  6. Toujours laisser la porte entrouverte aux livres d'hier qui sont souvent d'aujourd'hui pour ceux que l'on garde apres un demenagement. Souvent meme on ne retrouve pas celui auquel on pense et qui a perdu sa place d'autrefois.
    En contrepartie on redecouvre des paroles d'hier et de demain.
    Fouiller et offrir: un reconfort pour tous quand les paroles en sont chargees d'aspirations.

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    1. Bonjour Thérèse !
      Comme c'est sage de "toujours laisser la porte entrouverte" pour ceux ( livres et êtres ) que l'on décide de garder après les avoir "triés" pour nos petites vies.
      C'est vrai, mais parfois aussi, le même livre retrouve la même place dans une pièce qui n'est ni tout à fait semblable, ni tout à fait une autre.
      On découvre aussi d'autres oubliés, on les ouvre, on les cultive à nouveau.
      Oh oui, comme il est bon de "grenierfouiller" et de" fouilloffrire" ! sourire, de passer, de transmettre, d'heureux lire ...

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  7. Comme j'ai hâte comme toi de redécouvrir d'anciens livres oubliés au fond de boîtes rangées dans un grenier en attendant une nouvelle place dans la maison...
    Trois livres d'auteurs que j'aurais aussi la joie de relire !!!
    Merci de nous les proposer aujourd'hui !
    Belle journée à toi !
    Bises ensoleillées après les averses d'hier soir en quittant la ville rose

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    1. Ah ! sourire, chacun le fait à sa façon façon non ? ;)
      Leur heureux donner la même place ou pas, entre ce que l'on veut et ce que l'on fait inconsciemment ...
      Bisous en ode et toit

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  8. Il y a des choses du passé qui font tellement du bien et d'autres, non ?
    Alors gros bisous de quelqu'un qui vit de plus en plus au présent ...
    Bonne soirée :-)

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    1. Tu veux dire que certaines choses du passé nous sont douces et d'autres moins, bien sûr ... On n'oublie pas mais on avance et chaque matin est un autre jour, oui, ma petite Marie, c'est ça aussi se lever dans la joie, bénir le jour et la vie d'être, tout simplement.

      Haut petit matin
      La petite Marie ...

      sourire et bisou tendresses.

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  9. Des matins ou des soirs enchante-heures qui retrouvent à travers la pousse-hier ou l'étoile d'à règne née des bouquins d'antan... à fouiller des trés-ors de jeunes S oubliés dans des malles du magicien d'Oz, des boîtes à frou-frou..des coffres sans clé... à partager en lecture à haute voix... du Bobin, du Pessoa, du Bonnefoy, en trait d'union entre nous... merci ma chère Veronica de nous donner en vie de l'élire ou les relire, olà hi ho !!
    bonne faim et bonne soirée au coin peut-être de la chemine née...
    Bisous.
    Den

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    1. Oui, chère Den, le soir a ses magies tout comme le matin, avec cette langueur du jour passé, où se mêlent la fatigue, la satisfaction quand le jour a été plein, la joie d'un accomplissement, mais même la bulle et le rêve, se retrouver seule avec la malle or rose ... On a jeté la clé bien sûr, la rose et l'osier, le couffin des anges attendent les mains douces et baladeuses qui retrouveront le plaisir des mots et les veillées d'antan ...
      Je t'embrasse dans la main du jour

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    2. ... A toi qui aime conter et re conter les mâts-teints joie-yeux et rit-heures ceintés des coeurs liés en Boétie se reposent jusqu'à plus faim ni temps quand l'en vie nous apporte sa lumière perlée ouverte en un aile-long venu du ciel qui cherche ma main en coeur en sommeillé ...
      bon repos en jour heureux.
      Bisous du matin.
      Den

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  10. parfois on cherche le mot
    les mots qui sont l'image que l'on a dans la tête
    et parfois les mots se forment sans qu'on les cherche
    comme de petits miracles qui étaient là
    au fond de nous
    La Bel Rouge bien qu'absente
    je ne t'oublie pas

    je t'embrasse

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    1. Jeanne ma bleue, moi non plus je ne t'oublie pas. Merci de venir me le dire, j'aime ta spontanéité, ton coeur et tes mots pour le dire ...

      Oh oui, comme j'aime "ces petits miracles qui étaient là" et viennent poindre le bout de leur "né" sans qu'on les ait vraiment cherchés ! C'est merveilleux chaque fois et de le partager c'est un bonheur, supplément-terre !

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  11. Bonjour Véronica, voilà, te faire un petit bonjour et puis surprise, des mots assemblés qui forment la grande musique de l'imaginaire, des jeux de mots à l'infini, de l'irraisonnable... la liberté en somme !

    Merci pour ce partage !

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    1. Irraisonnable ? peut-être, c'est vrai, alors j'ose cette folie douce ! sourire Oui c'est la liberté ! de dire, de prendre, d'oser mais d'aimer surtout ...

      Merci de ton passage qui me fait toujours plaisir Yanis !

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  12. Ouvrir un livre est toujours un vrai bonheur quelque soit le moment, l'endroit. Je garde toujours les livres et surtout ceux que j'ai aimer et je les range sur une étagère car je sais qu'un prochain jour, je vais le relire où le feuilletter de temps en temps pour retrouver le premier plaisir qu'il m'a offert à la première lecture. Bon week-end

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    1. Bonjour Sacha

      C'est vrai, c'est pourquoi j'aime parfois commencer le livre par la faim ( et la fin ) c'est étrange, "jeu sait", je prends de ci de là, je ne lis pas, force aimant, tout, mais je picore passionnément en essayant de rester sage. Un feuilleté, c'est léger finalement, non ? sourire
      Je te ( puis-je le tu ) souhaite d'heureuses ouvertures enlivrées et enivrée bien sûr !

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  13. Veronica, je suis venue te voir ce matin gris et pluvieux.... je suis venue me nourrir de tes mots... Ils m'apportent du bonheur, du réconfort... Alors je te lis...
    Puis je regarde tes photos...toujours très belles....
    Je te fais un gros bisou

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Je recueille t'aime haut et te lis bien et beau ...
Merci pour ton charme en passage !