mercredi 26 février 2014

Avec tes mots à toi


J'aime tellement mieux quand tu m'parles avec tes mots à toi
Pas en faisant des mots
Même miens même beaux
Tu comprends ?
J'aime tellement mieux quand tu m'dis tes mots à toi
Ceux qui vont droit au coeur
Simples mots
Qui ne trompent pas
Tu m'entends ?
Pas des mots enchanteurs
Pas des mots baladeurs
Des mots vrais 
De toi à moi
 Tes mots.

Veronica B, 26 février 2014, Pour aller à l'essentiel.

dimanche 23 février 2014

Un p'tit goût de j'aime ...


J'aime les lents et l'élan.

J'aime l'élan des lents.

La dentelle du vent.


J'aime l'aile en le loup.

J'aime le coeur épouillé.
La vie cérémonielle.

J'aime le ciel printemps, le matin renaissance, quand les yeux heureux tournés, je marche dans le ciel, avec lui, avec elle, c'est le choeur de ma Vie.

J'aime les doux, les humbles, les simples, les discrets, les pudiques qui aiment, les joyeux affectueux. Ceux qui disent : Pardon, merci, je pense à toi. Simples aimants.
J'aime les solitaires, blessés involontaires, ceux qui cherchent la paix au chant de la saison.
Ceux qui rangent leur front.

J'aime le coeur avant l'intellect.

La main-kiss tend.
J'aime la fleur avant l'écrit vain.

J'aime faire la corbeille pour accueillir la rose. Je tresse mon panier avec une confiance.

Une terre de roses, un land-main de vert.
L'Amour pousse toujours au jardin caressé.
J'aime le coeur serein, le coeur soie, le coeur plein.
J'aime le printemps l'hiver. Le dimanche au soleil, potée de primevères. Couleurs corps-or, données. 
La liberté se serre.

J'aime l'immédiateté du coeur clair et léger.


Un p'tit goût de j'aime, extrait de Ma vie immédiate, Veronica B, 23 février 2014.



mercredi 19 février 2014

Ode-nuit


Cadeau pour Den ( De ma fenêtre à sa porte )



J'aime écouter la pluie
Dans le nouveau jardin
L'eau qui fait des flaquettes, plus grandes que deux mains,
Sur la tôle touillée.


J'aime égoutter la pluie
Dans le nouveau matin
Les feuilles qui balancent, haut si près du redoux,
Sur des trachées de branches,
En ronde de chêne-houx,
Une langue de nuit.

J'ai le frisson de pot
Et l'alarme aux oreilles
Le pied à fleur de mot
Et le vers d'eau merveille.

Je guette sagement 
Le doux pli du levant,
En draps, paix de dousoeur.

Quand l'averse phonique
Passera son chemin,
 En rideaux de musique
Dans le nouveau jardin.


Veronica B, 11 février 2014, Au matin, En égouttant la nuit.

lundi 17 février 2014

En rose de lumière ...


Ton souvenir en moi lui comme un os
Tant soir ...

( Quand tu pouvais en corps machouiller fière en Haut, ces cadeaux sol y terre que tu plantais partout et de ton air si fou, quand on cherchait ensemble, durant des heures de rire, des après-midi roux jusqu'au tomber soleil, ma main aidant ton oeil, tes trésors parsemés dans les rosiers d'accueil ... )

J'aimais sentir tout près,
Ronron de chien heureux,
Ta présence d'orée,
A l'ambre de tes yeux.

Ma fille chien de velours

Quand on partait d'amour
Promener 
Nos conquêtes
Chaque jour une fête 
Les vitres toutouvertes !

Toi ma douce adorée

Tu as tant partagé
De mes joies de mes peines
Silences soifs et secrets
Folies peurs et saisons
Apaisements caresses
Dodo dans la maison
Ton lit près de maman
Baisers repas et liesse
Quand je rentrais d'une course c'était la folie douce !
Je me couchais sur toi doucement pour te couvrir de ma tendresse tu me parlais ronron c'était si doux c'était si bon
Oui c'était le bonheur 
Depuis nos retrouvailles quand tu avais trois ans
Le chant de la maison
Et les mains de tes soeurs
Les jours étaient si courts pour tant et tant d'amour ...

Toi et moi c'est
Nichaînes 
Juste la liberté de la reconnaissance
Et cette éternité

Nous les humains changeants
Vous, merveilleux tout jour

J'aurais voulu pourtant te garder bien mille ans 
Mais la vie c'est comme ça
 On meurt 
Toi, dans mes bras,
Et je t'ai laissée là ... 
Ma fille chien mon bonheur, je sais qu'il était temps, tes os presque seize ans ...

Le ciel dans mon chagrin
C'est le nouveau jardin
Tu as laissé ici ton empreinte de Vie
Gravée dans ma mémoire
Jusqu'à la fin des temps


Tu ne quitteras plus ce petit coin de terre
Tout près de moi ma fleur
En roses de lumière
Ton âme dans mon coeur


Veronica B, Pour la Toss de ma Vie, 17 février 2014.


mardi 11 février 2014

samedi 8 février 2014

Il faut souffrir pour être bien ?


L'expression populaire nous dit : " Il faut souffrir pour être belle "
( en admettant qu'il faille souffrir pour être belle et/ou qu'il faille être belle tout simplement ) 

Mais peut-on dire alors : " Il faut souffrir pour être bien " ?



Qu'en penses-tu âmi(e) ?



mercredi 5 février 2014

Le premier bonheur du jour ...


( Clin d'oeil à Marie-Séraphine et ses délicieux bonheurs de chaque jour )
Bonheur du jour :


Aller au grenier avec une lampe-roche, taper dans les mains pour éloigner les souris ( imaginer qu'il y a "des petites" qui dansent et trottent sous les paquets en me narguant adorablement ) chercher avide aimant dans les cartons encore fermés de la nourriture poétique, prendre le premier, enlever le coach avec un goût tôt, tomber sur quatre bouquins Yves Bonnefoy, Les planches courbes, Yves Bonnefoy, Ce qui fut sans lumière,  Fernando Pessoa, Le gardeur de troupeaux, Christian Bobin, L'homme-joie ...

S'en faire une grande joie de petit matin !
Les ouvrir au hasard, et vous offrir ces mots :


" Quand ils voient un miracle, la plupart ferment les yeux. " 
Christian Bobin, L'homme-joie.

***

" Un jour de pluie est aussi beau qu'un jour de soleil, ils existent tous deux, chacun à sa façon." 
Fernando Pessoa, Le gardeur de troupeaux.

***

" Lucrèce le savait :
Ouvre le coffre,
Tu verras, il est plein de neige
Qui tourbillonne.

Et parfois deux flocons
Se rencontrent, s'unissent,
Ou bien l'un se détourne, gracieusement
Dans son peu de mort.

D'où vient qu'il fasse clair
Dans quelques mots
Quand l'un n'est que la nuit,
L'autre, qu'un rêve ?

D'où viennent ces deux ombres
Qui vont, riant, 
Et l'une emmitouflée
D'une laine rouge ? "

Yves Bonnefoy, De natura rerum, Ce qui fut sans lumière.


***

" Et quelle étrange chose que certains mots,
C'est sans bouche ni voix, c'est sans visage,
On les rencontre dans le noir, on leur prend la main,
On les guide mais il fait nuit partout sur la terre.
C'est comme si les mots étaient un lépreux
Dont on entend de loin tinter la clochette.
Leur manteau est serré sur le corps du monde
Mais il laisse filtrer de la lumière. "

Yves Bonnefoy, Les planches courbes.