mercredi 16 janvier 2013

Pascale ...




La femme qui défait son tricot de peines,
La femme porte en elle tous les boutons de la patience

De sa main gauche, elle soupe
Sonne
Non, y a personne 
Sauf un flocon
Le silence a remonté ses bretelles
Il fait froid
La lampe bourdonne
Pourquoi

Elle n'est pas sale
Seulement cierge

Elle est votive

Prend l'émotion de sa main droite
La pose là
Pour faire un voeu

La femme qui remet son tricot de peine
A de la laine dans la bouche
Elle est l'agneau

Veronica B, 16 janvier 2013




( Vraie toile, vue au Musée des Augustins, expo Corps et Ombres, Toulouse, octobre 2012 )

30 commentaires:

  1. J'apprivoise ce poème, je le recueille dans ma bouche, à voix haute, je le goûte...étranges et délicieux frissons, élégance des mots et des émotions...j'aime...merci, Véronica, pour ce partage...Tous mes meilleurs voeux, à bientôt.

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    1. Et moi je bois tes mots Soudoukou, merci.

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  2. Que ce poème est étrange, Veronica, je le lis, le relis et sa musique douce se glisse dans mon âme. Elle est cierge, elle est votive, dis-tu alors Je ferme les yeux et forme un voeu..... merci pour ce beau texte qui laisse en moi des traces d'interpellation, de gravité, de douceur. Bises emperlées de rosée, ma chère amie.

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    1. Je crois que c'est un peu comme ça qu'on peut le lire, merci Malou de le sentir et de l'exprimer, oui, en fermant les yeux, en l'imaginant cette femme ... Qui peut être elle, qui peut être une autre ...

      Je t'embrasse, sacrement.

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  3. merci de me faire découvrir Serafina Steer : une merveille. Je l'écoute en boucle.

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    1. C'est chouette tu as entendu !
      On voyage avec elle ...

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  4. Je lent temps sonnant nuit....
    Elle, belle,bêle sa doudou-l'heure....
    Perdu sa veste-de-loup et son inox-sens!

    Merci Veronica!

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    1. Une atmosphère se dégagerait ... Elle serait là dans cette pièce, en veillée. La douleur mais la douceur. Même pas la résignation, la sagesse. L'âme vierge qui aurait vécu. le silence et l'offrande.

      Merci à toi !

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  5. Ta ballade est comme celle de Péguy...la ballade de la grâce...:-))

    " Nos jours tissus de soie
    Sur fond de laine
    Nos sorts tissus de joie
    Sur fond de peine..."

    Plein de bisous de soie pour toi

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    1. Je recueille t'aime haut dans un écrin de reconnaissance Mathilde, ce que tu me dis me touche ! Je n'ai pas lu Péguy depuis si longtemps, lui que j'aimais tant ...

      Dans la cathédrale de ses résurrections
      Elle bêlerait
      Un cri d'amour !

      Je t'embrasse, velours.

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  6. Pardonne-moi, je suis venue à reculons car le titre de ton billet porte le prénom de quelqu'un qui m'a fait beaucoup souffrir. C'est terrible, la force suggestive des mots.Elle passe, je cale...
    Mais le poème est beau et doux, et il me faut maintenant travailler sur l'oubli, encore et encore. L'oubli ou peut-être le pardon.

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    1. Oh je suis bien désolée, je ne m'attendais pas à telle réaction, et comme je peux comprendre ! quand on sait comme un mot, a fortiori un nom propre chargé d'âme peut nous rappeler à ... ou quelqu'un !
      De mon côté, le prénom s'est imposé quand j'ai écrit mon texte, il s'est présenté comme une évidence. Cette Pascale que je n'ai jamais connue mais dont j'aime la sonorité ... mais surtout le sens latin qui se rapporte à Pâques bien sûr et tout le sens sous l'aime haut ...
      Merci, l'oubli se fera seul, mais le pardon, il faut aider un peu ... Nettoyer son coeur, encore plus beau qu'il n'est ...

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  7. Pareil que pour Célestine... faut l'agneau et t'haleine douce pour faire passer le titre, surtout au féminin...

    Dans cet aimant jardin, les lianes aussi chantent beau...
    Pendant un temps s'y balader doucement, en limace silencieuse... puis revenir y gazouiller gaiement...

    Tiens, en voilà une belle détricocoteuse,à, non, un, poil Miss Tique (ou fait tiquer ?) avec des beaux gigots pascaux...
    http://p6.storage.canalblog.com/67/26/155826/42663956.jpg
    De quelles bretelles ? De quel cierge s'agit-il ?
    Six boutons de patience qui tiennent encore... Six mais... Ste Prudence... Attention qu'elle ne prenne pas froid quand m'aime !
    Et que le génie qui l'éclaire réalise ses voeux... et les tiens...

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    1. Tu veux que je t'aide à faire passer le morceau coincé dans ta gorge ? :) L'agneau pascal aide bien tu sais ... Mais je ne fais pas de prose élitisme ... Chacun est libre ! L'amour par toutes ses voies et sous toutes ses coutures ! je n'ai jamais su bien tricoter, juste un peu l'aime haut, dans la tête et dans le coeur.

      "Dans cet aimant jardin, les lianes aussi chantent beau...
      Pendant un temps s'y balader doucement, en limace silencieuse... puis revenir y gazouiller gaiement..." On dirait le début d'une chanson, comme c'est mimi de le dire ainsi ! je souris ! Oui, on est libre d'aller et venir, et je suis toujours heureuse, en gratitude quand une liane mienne revient après des semaines, voire des mois de silence ! je garde toujours un morceau d'herbe tendre pour les agneaux de lait, les limaces et même les brebis égarées !

      Je me suis demandé de quelles bretelles il s'agissait mais elles se sont imposées. Quand le texte est sorti de moi, à six heures du matin précisément, me levant dans un sourire pressé, je n'ai pas su, ma main sert d'outil au serf-veau et j'écris, ça sort en un jet, j'aime ses fulgurances je ne veux pas m'y soustraire, ce serait manquer à moi-m'aime. Comme une prière, ou juste un regard vers l'autel, plus tôt. Oui, poésie mystique pour une bretonne sans âge. La femme fait, défait, refait son tricot, elle sait que c'est sa tâche, sa vocation, son essence, son expiation, son excellence et son salut.

      Cierge, s'il s érige comme une manière de patience, verticale ! la vie, vierge de toute faute, comme une page blanche, comme une laine douce, vaut la peine d'être, malgré le froid, elle tremble mais elle est vraie ... Prudencia. Perpetua ...

      Pensées éclairées.

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  8. Moi j'ado..............re ! et les mots sont tellement chargés de sens..... et les images évoquées sont tellement belles, pour moi.. j'aime me mouvoir dans les allées de ton jardin Chère Veronica.. ta manière d'écrire.. j'adore. Justement elle n'est pas ordinaire, c'est ta force. Unique Veronica.
    Merci pour ce matin illuminé de froidure !
    Den

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    1. Tellement je suis comblée de te lire toi aussi Den, merci.
      Je suis heureuse surtout que tu me découvres autrement qu'avec cette langue bizarre et dont je ne suis pas force aimant fille hier ! Tu sais je sais d'abord ! écrire correctement et simplement ! ( à peu près )Ainsi tu liras peut-être une autre facette de moi ...

      Je me sens tellement exister quand vous me donnez vos mots ! Merci de me rendre un être unique, Den, par ce que je peux porter de plus de vrai qui est en moi et que tu peux ressentir. C'est merveilleux ...

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  9. Peines soupçon bourdon
    Patience silence cierge
    Vœu souffle chaud vie

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  10. J'aime ces bouts de laine,
    (ça me rappelle un texte de mon frangin)

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  11. Je n'aime pas défaire mon tricot de laine, d'alpaga ou de coton, c'est tellement difficile de reprendre toutes les mailles...
    Mais j'aime lire ton poème et surtout le dire tout haut même s'il faut le comprendre et l'aimer à l'envers des mots...
    Ceci dit j'aime bien tricoter l(m)a vie sans avoir à recommencer!!!!
    La vie et le tricot des mots ou de la laine, même parcours !!! Quand les mots te viennent ainsi j'aime bien !
    Quand au tableau que nous avons vu le même jour...
    Gros bisous

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    1. Ah, je comprends, Madame tricote ? sourire
      Merci Enie, de me le dire, à l'envers, allant droit, qu'importe tant qu'elle aime.

      Et je comprends bien qu'on ne puisse pas tout ! défaire, que l'ouvrage est long et difficile, qu'il faut être vigilant, patient à ne pas perdre trop de mailles,je crois qu'on peut rattraper une maille mal faite, non ? mais fichtre ! pas envie de tout reprendre ! sourire.

      Ah, et ce tableau Madame l'invisible :))))

      Gros bisous

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  12. "...Prend l'émotion de sa main droite
    La pose là
    Pour faire un voeu"...
    Pascale? on dirait une esquisse qui prend vit. Elle a un peu, beaucoup de nous...de l'agneau en nous... Pascale? On l'aime... avec son attitude si désarmante parce que naturelle de défaire "son tricot de peines". Pascale, elle me parle autant qu'elle m'émeut. J'irai bien lui dire deux mots sans la déranger. Elle est forte parce que fidèle à elle-même, rien de plus qu'un coeur nu dont "...le silence remonte les bretelles..." Bisous Véronica

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    1. Merci à toi aussi Suzâme de m'émouvoir autant que tu me parles ... Jamais la déranger, en lui disant deux mots, jamais deux mots de trop, toujours en vérité ... Elle n'est pas forte juste fidèle, oui et tu le sais ...

      Je t'embrasse.

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  13. Ce poème reflète une lenteur de chaque mot comme s'il fallait en apprécier le sens et comprendre la douleur et la douceur qui s'échappe ...
    Elle est belle, cette femme qui est agneau et qui est là, seule, qu'aucun langage trop affirmé ne saurait déranger mais elle préfère la solitude ...
    elle tricote et détricote .. ce n'est pas Pascale, c'est Pénélope ..
    Calme et tranquille , elle enlève son manteau de peines et attend enfin le
    repos de l'âme et du corps ...
    Solène

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    1. Merci Solène ! D'abord je suis désolée que tu aies lu ce poème avec la musique de Koh Lanta, pas adaptée du tout !
      Ensuite, oh que c'est fin d'avoir vu en elle Pénélope ! Elle est Pascale pourtant. Mais elle pourrait être cette tisseuse éternelle aimant, à recommencer sans fin, dans la solitude, son ouvrage, sa consécration.
      Tu as bien perçue la lenteur ... Tout me touche en tes mots.

      J'éplucherai le temps
      Avec trois doigts de vent ...

      Je t'embrasse

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  14. moi j'aime ce que tu as mis en marge de ton blog : Je veux bien souffrir, mais je ne veux pas désespérer. Je ne laisserai personne éteindre en moi la petite lampe de la confiance.

    Chaque jour j'attends tout.

    Christian Bobin,
    Je vais remettre mon tricot... car il fait froid....
    bises

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    1. Oui, Loula, parce que je le pense un peu comme ça aussi. Sauf que j'écrirais : Chaque jour je prends ce que la vie me donne.
      J'aime la garder chaude et allumée cette "petite lampe de la confiance".

      La petite laine qui couvre tes épaules t'habille de lumière
      Et dans tes espérances, tu réchauffes le monde !

      Je t'embrasse, surtout ne prends pas froid !

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  15. Faire et défaire le tricot de la vie
    A perdre la haine
    dans le douceur de la laine
    et quand les noeuds se retiennent
    faire une pelote bien serrée
    et la jeter au loin.

    Bisous en cachemire, ma Véronique.

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    1. Je rentre ...
      Te lire là, ma Catherine, émotion ...
      Tu es si belle, le sais-tu au moins ...

      Merci, merci.

      Bisous en tendre.

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Je recueille t'aime haut et te lis bien et beau ...
Merci pour ton charme en passage !