mercredi 5 décembre 2012

La femme seule

En cette fin d'année, quand le vent, la pluie, le froid s'installent,  là où l'on cherche la couleur, la douceur, la chaleur du foyer, je pense à ces femmes seules, qui souffrent, d'être seules, abandonnées, malades, oubliées ...

Avec ce beau poème de la poète brésilienne Adélia Prado ( 1935 ), traduit du portugais par Jean-Pierre Rousseau, in Grandes voix de la poésie brésilienne du XXè siècle.



La sérénade

Une nuit de lune pale et de géraniums
il viendrait, la bouche et la main incroyables
jouer de la flûte au jardin.
Je suis au début de mon désespoir
et je ne vois que deux chemins :
ou devenir folle ou devenir sainte.
Moi qui rejette et réprouve
ce qui n'est pas naturel comme le sang et les veines
je découvre que je pleure chaque jour,
les cheveux flétris
la peau assaillie d'indécisions.
Quand il viendra, car il est sûr qu'il viendra
comment ferai-je pour me montrer au balcon sans jeunesse ?
La lune, les géraniums et lui seront les mêmes
_seule la femme parmi les choses vieillit.
Comment ferai-je pour ouvrir la fenêtre, si je ne suis pas folle ?
Comment la fermerai-je, si je ne suis pas sainte ?


En écoutant la nouvelle chanson de Cali, Une femme se repose ...


33 commentaires:

  1. Très beau poème :-)

    Des bisous
    ❄✹❄ Laure ❄✹❄
    http://ptitesphotosdelolo.blogspot.fr/

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Laure, il est tant de femmes poètes inconnues ou peu connues chez nous, j'aime vous les faire découvrir.

      Belle journée en flamme et ...

      Supprimer
  2. Merci de beau billet, c'est émouvant!
    Merci également de ta visite et de ton gentil commentaire, et j'en profite pour te souhaiter la bienvenue dans mon petit cercle d'amis!
    Très belle et agréable journée chère Veronica

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci chère Kenza, je suis honorée de faire partie de ton cercle d'amis.

      Belle journée à toi, pleine d'Art et de féminité !

      Supprimer
  3. C'est triste une petite Marie seule dans une grande église !
    Ouf, ta préférée a été joliment fleurie...
    Ce poème est triste, folle ou sainte pas d'autre alternative ? Je suis sûre que tu vas nous en trouver une !
    La solitude vécue comme celles de ton introduction, c'est trop triste mais Il va arriver !!!!
    Bises émues
    Belle soirée !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Hélas chère Enie, je regardais un reportage sur ces femmes seules, en France, à la suite d'un divorce ou autre, l'une qui se prive de manger de la viande pour la laisser à ses enfants, l'autre qui attend les restes du marché, cette autre qui dort dans sa voiture, cette autre en corps qui est malade en plus d'être seule ...
      Voilà comment peut survenir la désespérance ( on comprend tomber dans la folie ) et aujourd'hui c'est à elles que je pense et qui sont trop nombreuses, en ce temps de Noël quand la ville se met à la magie, au luxe, à la consommation, à la parade, il est bon de penser aux privilégiés que nous sommes ... Alors oui c'est triste.
      Bien sûr, il est d'autres solitudes, même le ventre plein, je pense à cette femme ... à cette autre ... qui se pose, se repose et panse son histoire ...

      Pensées émues et belle soirée à toi, merci !

      Supprimer
  4. Boulevard du désespoir...
    Trouver le trait d'union
    Quitter la solitude
    Boulevard des-espoirs...

    Merci Veronica.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, ma chère Claire

      Boulevard des espoirs
      Buvard clair des victoires
      Sol y terre

      Becs becs becs de lèvres !

      Supprimer
  5. Des mots pas assez nés pour ras sert ainé mais le dé but d'un chez main, quand on est âgé ras ni homme où sec rhéteur des mots scions qui fou hêtre l'évite à mine.
    Lassée mais pas renégate elle empale beaucoup sans chantourner et le bal qu'on rate car on se râpe et tisse et on se filet tri trop à force de re sachet et de mât serrer entre doute et cothurne un tient, à dieu tu l'aura pas comme lauréat auréolée.
    ça lune y donc comme s'allume dans le regard éteint les dernières braises des vies te ment .

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. au rhéteur des mots que tu es Thierry, merci de porter ton doux regard sur ces femmes seules, avec ou sans or Eole !

      Belle journée en si anses polies éthiquement !

      Supprimer
  6. Ce poème est magnifique et je l'ai lu avec l'émotion à fleur de peau. Quel superbe billet, Veronica... oui, il y a tant de femmes seules. Merveilleuse chanson de Cali.
    Je vous embrasse

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci ma chère Denise de partager sur la même émotion sensible que moi ...
      Je vous embrasse moi aussi !

      Supprimer
  7. je pense à ma mère,je pense à ma vie ,tellement différente,semblable quand même ,toute fin de "chemin" est ainsi,les fantômes font parti du bout du bout...bien à vous Veronica,la chanson de Cali remet tout à sa place,presque...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Emue par tes mots, aux couleurs des derniers soirs ...

      Merci

      Supprimer
  8. J'ai vraiment été émue aux larmes par la chanson de Cali. Je me suis revue 6-8 mois auparavant lors de la fin de vie de ma mère. Elle se reposait beaucoup et se replongeait dans son passé dans un grand état d'abandon. Cette chanson m'a tellement prise aux tripes que je n'ai pas réussi à me trouver en empathie avec le poème d'Adélia Prado. Sorry. Je t'envoie des pétales des fleurs portés par le vent du jour. A bientôt, Veronika.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. j'en suis presque désolée Malou, de te faire revivre du douloureux ...Mais l'émotion quand elle affleure elle doit avoir sa raison d'être, tu parles d'elle et c'est beau, je me souviens d'un de tes textes ...

      Je t'envoie un beau bouquet de grâces ...

      Supprimer
  9. Très beau. La voix de Cali est une fêlure qui crève l'âme. J'adore.

    Certaines femmes seules le vivent bien aussi, heureusement.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'aime aussi sa voix, heureuse de la partager avec toi.

      Oui, absolument et j'en connais, tu fais bien de l'ajouter. Je pensais à ces femmes qui ne l'ont pas vraiment choisie et la vivent dans la douleur ...

      Pensées à tendre

      Supprimer
  10. Merci Véronica de m'avoir permis de découvrir ce superbe poème.. et cette chanson de Cali m'a terriblement émue... oui c'est triste la solitude...
    et souvent on se tourne alors vers la vierge Marie, cette femme qui a tant souffert...
    Je te quitte ce soir troublée par cette page de blog... Bises

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Heureuse que tu aies lu ce poème ma chère Loula, je ne voulais pas te troubler ...

      Mes pensées tout en douce heure, pleine de notre beau rose ... !

      Supprimer
  11. Il y a dans ses textes une force incroyable. L'évocation de la solitude étreint aussi le cœur de ceux qui ont la chance de ne pas la vivre. J'aime Décidément ce blog où vos textes et ceux que vous offrez se répondent en écho. Douceur, douleur, sagesse, un vrai sens des mots qu'on déconstruit pour mieux les reconstruire comme on refait une maison qu'on aime. On va chercher son âme au plus profond d'elle même, on la sent, on la devine, on l'exprime.
    Et merci pour vos commentaires délicieux qui me font voir dans mes propres textes ds choses que parfois je n'avais même pas osé imaginer.
    Bonne journée

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est cela cher Jacques, on est empoigné par la même émotion.
      Je vous remercie du fond de l'âme pour vos mots.

      Le saint sert ...

      Belle journée à vous !

      Supprimer
  12. Que d'émotions en lisant et en écoutant...
    Bisous bisous

    RépondreSupprimer
  13. Passer sa vie entre sainte et folle, un peu des deux, à la porte et à la fenêtre.
    Femmes seules, jeunes ou vieilles. Que de vibrations Veronica, merci: poème et si sensible chanson de Cali.
    Gracias.

    RépondreSupprimer
  14. Noêl c' est aussi pour moi la fête des mères...Elle en a bien bavé aussi Marie , du début à la fin ,parfois elle ressemble à la mienne qui a du savoir ouvrir la fenêtre sur le paradis , j' en suis sure
    elle qui aimait tant les géraniums...:-))
    Merci Véronica et comme je dis souvent ..pourquoi c' est souvent triste quand c' est beau...?

    RépondreSupprimer
  15. Quelle belle et profonde page avec trois textes frémissants! Les poétesses de l'Amérique du Sud sont à découvrir. Elles s'expriment depuis si longtemps, parfois d'une prison de murs ou de religion. Suzâme

    RépondreSupprimer
  16. Peut-être connaîtrai-je cela, plus tard. Que Dieu m'en préserve, même s'il je le délaisse...
    Je pense reconnaître Thérèse de Lisieux... ?

    RépondreSupprimer
  17. Quel beau texte chanté par Cali...et celui de la poétesse brésilienne Adélia Prado, beaucoup d'émotion dans les mots et la voix... les années passent malgré nous.. je pense ce soir à ma maman qui s'éloigne tout doucement... c'est difficile de l'accepter, et pourtant que peut-on faire ?
    Je t'embrasse chère Veronica

    RépondreSupprimer
  18. Avec ce poème si VRAI, je ne peux m'empêcher (ma dernière publication) d'évoquer ces Femmes Afghanes qui n'auront pas la possibilité de devenir folles pour échapper à l'absurdité et Dieu merci, car d'une certaine manière elles sont SAINTES. Ne les oublions pas dans leur combat.

    Belle journée Véronica

    RépondreSupprimer
  19. Bah, pourquoi faut-il qu'une femme seule soit une femme triste et oubliée ?... moi, c'est par choix que je suis seule... où peut-être parce que je ne peux pas m'offrir la présence de Carlos Nunez :D

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bien dit Marie... sentiment partagé...

      Supprimer
    2. Ai-je jamais dit ou pensé le contraire ? !
      Bien sûr que certaines femmes en sont heureuses par choix et tant mieux pour elles !

      Pensées del mar adentro

      Supprimer
    3. Véronica, je n'ai pas apporté ce commentaire vis-à-vis de toi, mais plus pour préciser, en tout cas pour moi, que la vie sans compagnon n'est pas forcément triste. Tu me connais, je suis loin d'être une mine grise... ;) et j'aime le rouge ;) aux joues, aux lèvres.

      Des rayons de soleil à glisser dans nos vies...

      Supprimer

Je recueille t'aime haut et te lis bien et beau ...
Merci pour ton charme en passage !