mercredi 12 septembre 2012

Chantons en langue latine !

Un plaisir de chanter avec Juliette l'aime haut de Baudelaire,
dans son texte tiré des Fleurs du Mal :



 Franciscae mea laudes, 1857 
( Vers composés pour une modiste érudite et dévote ) 
Laudes, en l'honneur de ma Françoise.


Novis te cantabo chordis,
O novelletum quod ludis
In solitudine cordis.

Sur un mode nouveau je te chanterai,
O mignonne qui t'ébats
Dans la solitude de mon coeur.

Esto sertis implicata,

O femina delicata,

Per quam solvuntur peccata !



Sois couverte de guirlandes;
O femme exquise
Grâce à qui sont absous les péchés!

Sicut beneficum Lethe,

Hauriam oscula de te,

Quæ imbuta es magnete.



Je puiserai des baisers
Comme un bienfaisant Léthé
En toi d'où émane un attrait magnétique.

Quum vitiorum tempestas

Turbabat omnes semitas,

Apparuisti, Deitas,



Quand la tempête des vices
Balayait tous les sentiers,
Tu parus, Déité,
Velut stella salutaris

In naufragiis amaris.

— Suspendam cor tuis aris !



Comme l'étoile salvatrice
Dans les naufrages amers ...
Que mon coeur soit pendu à tes autels!

Piscina plena virtutis,

Fons æternæ juventutis,

Labris vocem redde mutis !



Piscine pleine de vertu,
Source d'éternelle jeunesse,
Rends la parole à mes lèvres muettes!
Quod erat spurcum, cremasti ;

Quod rudius, exæquasti ;

Quod debile, confirmasti.



Ce qui était pourri, tu l'as brûlé;
Trop grossier, tu l'as aplani;
Débile, tu l'as affermi.

In fame mea taberna,

In nocte mea lucerna,

Recte me semper guberna.



Auberge dans ma disette,
Lumière dans ma nuit,
Guide-moi sur le droit chemin.

Adde nunc vires viribus,

Dulce balneum suavibus

Unguentatum odoribus !



Ajoute maintenant des forces à mes forces,
Bain de douceur tout parfumé
D'odeurs suaves!
Meos circa lumbos mica,

O castitatis lorica,

Aqua tincta seraphica ;



Étincelle autour de mes reins,
O ceinture de chasteté,
Teinte d'une eau séraphique;
Patera gemmis corusca,

Panis salsus, mollis esca,

Divinum vinum, Francisca !



Coupe brillante de pierreries,
Pain salé, mets délicat,
Vin divin, ô Françoise!




8 commentaires:

  1. En très haute altitude installée l’idole de cet aimant...
    même s'il en a plein les mains et s'il trempe en entier dans son amour profond comme un divan tombal...
    et nonobstant, une telle sensualité latine, paradoxalement inhabituelle dans le latin, qu'on les voit d'ici, affalés sur leurs triclinia, prêts aux métamorphoses...
    Merci, une fois de plus, pour la découverte... de cette ceinte si lumineuse à voir...

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  2. Je t'entends chanter avec Juliette "Divinum vinum, Francisca !" :-)
    Belle découverte pour moi et superbe page, Véronica !

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  3. Rosa rose-a r'ose-âme...
    rose-arôme...
    je rosis
    tu rosis
    nous rose-hissons!

    Becsbecsbecs!!!

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  4. L'amour, comme le chante Beaudelaire, a bien une dimension mystique qui donne du sens à nos sens. Il est bon de se le redire parfois et de l'expérimenter. Elle a bien du talent, Juliette, Fons æternæ juventutis.

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  5. C'est compliqué le latin, faut mieux l'entendre chanter.

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  6. Un délice d'écoute. Je découvre que le latin prononcé par Juliette est plus que divin, sensuellement poétique. Merci Véronica

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  7. ce n'est pas un latin de cuisine et il nous atteint de plein fouet , la crème des langues véhiculaires qu'il ne faut pas monter au fouet ni au pinacle mais qui a été si utiles pour continuer les échanges entre nations au moyen âge quand au chrême c'est divin et puis quand l'aimant attire c'est bien qu'un magnétisme est à l'oeuvre il se peut que ce soit très chimique pour finir par être chimérique
    désolé du retard

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Je recueille t'aime haut et te lis bien et beau ...
Merci pour ton charme en passage !