dimanche 8 juillet 2012

Er voraerion ...

Le beau est souvent triste ... Il est nostalgique ... Le beau est musical ... Il voyage loin et profond ...Le beau, le vrai est essenCiel, on le porte en nous, on le recherche, il nous remplit, il erre, connaissance de nous m'aime ... 


Sur une musique d'Alan Stivell


Er voraerion

Buhé er voraerion e zo trist ér bed-man
Bepred pell doh o zud, édan glaù hag arnañù
Aveid gounid bara, bara d'o bugalé
Red é dehé lemel ag o bro ha balé

Kenevo e larant ha chetu ind ér vag
N'é ket en ér eité d'o-doud ur galon gwag
Lakaad e hrant de ouél, lavagnon pé kalm-chok :
Araog breman, mem bag, araog, penn é kornog !

Er voéz beur ar en aod, heb skuihein, én hé saù,
Doh er vag é pellaad e sell, e sell ataù ;
Hé halon zo mouget én ur mor a hlahar
Hag ar hé bougenneu, rédeg e hra un dar

En aùél e hwitell é fardaj er gwerni ;
Er mestr e lar : "Paotred, liù arnañù zo arn'hi ;
Hénoah é saùo béh ; 'n em lakam prest enta"
Hag oll er voraerion e bed Santéz Anna

Breman ar er mor braz é mant én o unan
Ne wéler a bep tu med er mor hag en néañù,
Stertoh-stert ér gouélieu aùél er méz e hwéh,
En houlenneu e foeñù hag en noz du e gouéh

Ha pen da de gemér er hart de hantér-noz,
Eid ma ei er rérall en tammig de repoz,
Er moraer, é chonjal én é vro ken bourruz,
E gan én noz, goustad, ur werzenn hirvouduz :

"Tèr leù ér méz taolet, tèr leù doh en Douar braz,
Me énézenn e saù, du é kreiz er mor glaz ;
Er herreg astennet tro-ha-tro hi gouarn kloz
Doh en houlenneu gouéù hag e ruill dé ha noz

Emesk oll er broieu en em strèu dré er Bed,
Naren, n'en-des nikun hag e zo ken karet ;
O mem broig ha Hroé, a pen don pell dohout,
Klañù on, ha e halon heb éhan e hirvoud

O me énéz kollet du-zé é kreiz er mor
Pegourz é touarin-mé én ha berhér digor ?
Pehér é anaùin tan ha dourieu, mem bro
Ken splann é du en noz ? Pegourz é tin éndro ?..."

Hag hunvréal e hra er peurkeh martelod
D'é voéz en-des lesket é ouélein ar en aod
D'é vugalé vihan, leùiné é galon,
D'é di liùet é gwenn e gousk ér stankenn don...

Er vag-hi, e ya 'taù didan deulagad Doui,
Tro d'er gouélieu tolpet, en Eled hé hondui ;
Santéz Anna, gwir vamm, e zousa en aùél,
Ha mond e hrant elsé, heb aon én noz téoél...

Labourerion er mor, michérerion kaled,
Peh kalon e zo deoh, ha penaoz é hellet
Chomel èlsé bamdé én ankén, ér marù mem ?... 
"Ni 'gred é Doué on Tad, ha Eañ e ra nerh dem"




Coup de coeur musical  !

Découvrez cette merveille, j'aime tant la voix de Yann Fanch Kemener, de "l'eauthentique" avec le piano voguant loin dans mes racines du bout de la terre, de Didier Squiban ...


 Yann Fanch Kemener
Didier Squiban, L'intégrale, 2011


Les marins


La vie des marins est triste en ce monde 

Toujours loin de leur famille, sous la pluie et l'orage 

Pour gagner leur pain, le pain de leurs enfants, 

Il leur faut quitter le pays, et voyager 



Ils disent au revoir, et les voilà dans le bateau 

Ce n'est pas l'heure pour eux d'avoir le coeur mou ; 

Ils mettent à la voile, que la mer soit houleuse ou calme : 

En avant à présent, ma barque, en avant, cap à l'ouest ! 



La pauvre épouse sur la côte, sans se lasser, debout, 

Regarde, regarde toujours le bateau qui s'éloigne 

Son coeur est étouffé dans une mer de douleur 

Et sur ses joues coule une larme 



Le vent siffle dans les agrès ; 

Le patron dit : "Garçons, il y a apparence d'orage ; 

Ce soir il fera dur ; mettons-nous donc prêts" 

Et tous les marins prient Sainte Anne 



Maintenant sur l'océan ils sont tout seuls 

On ne voit de toutes parts que le ciel et l'eau 

De plus en plus fort dans les voiles le vent du large souffle 

Les vagues s'enflent et la nuit noire tombe 



Et quand à minuit ils viennent prendre le quart 

Pour que les autres aillent un peu se reposer 

Le marin, songeant à sa patrie si agréable, 

Chante doucement dans la nuit une gwerze mélancolique : 



"Trois lieues au large jetée, à trois lieues de la Grande-Terre, 

Mon île se dresse noire au milieu de la mer verte ; 

Les rochers alongés tout autour la gardent soigneusement 

Des vagues sauvages qui jour et nuit déferlent 



Parmi toutes les patries qui couvrent le monde 

Non, il n'en est aucune qui soit tant aimée ! 

O mon petit pays de Groix, quand je suis loin de toi, 

Je suis malade et mon coeur gémit sans cesse 



O mon île perdue là-bas au milieu de la mer 

Quand atterirai-je dans tes ports ouverts ? 

Quand, ô ma patrie, reconnaîtrai-je le feu de tes phares, 

Si clair dans le noir de la nuit ? Quand reviendrai-je ?" 



Et il rêve, le pauvre matelot, 

A sa femme qu'il a laissée sur la côte, pleurante, 

A ses petits enfants, allégresse de son coeur, 

A sa blanche maisonnette qui dort au creux du vallon 



La barque, elle, vogue toujours sous les yeux de Dieu, 

Rassemblés autour des voiles, les Anges la conduisent, 

Sainte Anne, vraie mère, adoucit le vent, 

Et ils vont ainsi, sans peur dans la nuit ténébreuse... 



Travailleurs de la mer, durs ouvriers, 

Quel coeur avez-vous donc et comment pouvez-vous 

Rester ainsi chaque jour dans l'angoisse, la mort même ? 

"Nous croyons en Dieu notre Père, et Il nous donne de la force !" 



27 commentaires:

  1. Très touchant ce billet quand je suis en train de travailler sur le port de La Rochelle au temps de la marine à voile et sur la déportation de Acadiens... descendants, partenaires, clients et fournisseurs de ces marins là...

    On retrouve les thématiques de ces paroles dans le Fado portugais aussi... et puis là-dedans :
    http://www.youtube.com/watch?v=TXv109dmwrs

    En vraie Mariane préférant la propreté du coeur à celle des habits j'approuve complètement cette idée abyssale, des fosses Marianne, du beau...

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    1. Ah les fosses Marianne, oui, et le fado portugais.
      Il y a toujours un port au fond de nos coeurs, un quai de gare ou une femme qui (nous) attend ...

      Je t'embrasse, chair touchée.

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    1. et la marée monte au corps ...

      Merci de ton passage.

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  3. Je n'arrivasi plus à accéder à ton blog, je te pensais disparue et te retrouve; c'est doux. Où te cachais -tu sur l'immense blogosphère..............

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    1. Coucou !

      Oui je joue à cache-cache parfois, mais il faut dire qu'en ce moment, je ne me fais pas beaucoup remarquer sur la blogo, la vie est ailleurs il faut croire ! C'est doux de se retrouver comme une poule tissée, ce sera un plaisir pour moi aussi qui t'avais égarée, chère brebis, je te note bien en liane !

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  4. Ah Servanne! Merci pour ce partage dans les oreilles de l'âme! La mer était devant moi. Suzâme

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    1. Oui c'est ça, chère Suzâme, dans les oreilles de l'âme, directement ! La mer (bretonne nd ! )me manque tant, je suis exilée involontaire en terre rose ! sourire

      Je t'enrace tendrement !

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  5. C'est vraiment très beau, merci à toi Véronika !

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    1. Avec plaisir, chère Zénondelle, c'est beau comme les gens qui se séparent et qui s'aiment et qui, parce qu'ils s'aiment sont obligés, pour survivre, de se séparer, en gardant espoir, malgré l'infinie tristesse qu'ils emportent avec eux ... Accepter l'adversité, rendre grâce au courage des marins ...

      Tendresse d'âme.

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  6. Je l'ai écouté hier, c'est très apaisant ! J'emprunterai un de leur CD qui se trouve dans ma médiathèque préférée =^.^= Et que vogue notre barque à chacun, chacune ...

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    1. Oui, je t'invite à écouter Yann Fanch Kemener, si tu aimes la Bretagne et le chant breton bien sûr :)

      Voguons, en corps
      en choeur
      Sur la barque de vie !

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  7. Les marins ont la vie dure, mais sans bateau, ils ne sont plus rien.....et la ou je vis, depuis l'annee derniere, le quotidien des marins est vraiment penible.....helas.

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    1. Ah oui, je sais et comme cela me touche, je compatis ... Pour ce peuple si plein de courage qui nous donne une sacrée leçon de vie.
      Merci Flo de ta visite en Aime haut, sois la bienvenue, je te découvrirai avec plaisir !

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  8. Depuis la côte granit rose, j'irai bien me balader sur le sentier des douaniers, sentir le vent d'été rasait la lande et réveiller certains parfums à travers les ajoncs et le lichen des rochers quelques heures après... Une bonne crêperie comme décor avec ses murs en pierre à l'intérieur aux galettes salées et sucrées sur des assiettes bretonnes et les bols en grès pour boire le bon cidre breton, dans le regard vague se rappeler du bon temps... et se dire, "La Bretagne est vraiment une terre de légendes"

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    1. Ah la la, comme si tu me narguais là, par tes mots, cher Laurent ! Je plaise sente ! je sais tout cela par coeur et je le garde en moi, ces parfums réjouissants pour l'âme, accrochés à m'aimer moi heureuse, dans la lande bretonne, j'y retournerai le coeur et gratterai en corps ma légende ... avec une amie

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  9. Veronica, c'est vraiment très beau, c'est magnifique et pendant que j'écris, j'écoute cette splendide chanson. Les vents bretons me font chaud au coeur. J'aime la Bretagne, son air, sa mer, sa terre où l'on sait que l'on peut trouver des moments de sérénité.
    Mes bisous et amitiés chère Veronica!

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    1. Merci chère Denise, je suis heureuse de savoir que vous aimez la Bretagne, qui n'en tombe amoureux, naisse pas ! sourire

      Bisous engalettés d'âme et de coeur !

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  10. A tous mes amis(es) de la toile !

    Dans quelques bonnes heures, je serai partie pour ...quelques bonnes journées de dépaysement !
    J'ai lu vos dernières parutions mais n'ai vraiment pas le temps d'y mettre un commentaire ...
    Durant mon absence "virtuelle", plein de "p'tites surprises" vous attendent dans mon billet d'au-revoir "Paisible ancrage" et ..."une grande", celle que vous attendiez et qui a demandé à ma plume un peu de temps, celui de repartir en voyage pour vous !
    Cette "grande surprise" vous la trouverez sur mon avant-dernier billet...
    à déguster en ...
    gourmet ou gourmand,
    à votre rythme de sensation !

    Soyez heureux, je vous AIME : sabine.

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    1. Oh, chère uni vers celles et ceux ... nous nous ancrerons à t'aime haut, je te lirai en ton absence, tu me mets l'eau à la touche !

      Beau voyage Sabine !

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  11. passage la Bel'Rose
    ici c'est la nuit encore
    belle journée
    je t'embrasse

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    1. Dors Label'bleue
      Rouge ton somme
      Oeil
      dans ton Aube
      Feu !

      Je t'enrose !

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  12. Oh! elle est superbe ta 6ième photo! Quel beau regard d'artiste, Véronica!....et je vogue aussi loin loin avec la piano....Une belle partition!

    Je t'embrasse fort, mon Amie!

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    1. Merci ma chère Claudie, quel goût tu as ! sourire
      J'aime tes pas sages en Aime haut, tu sors de ta bleue ... tu te jettes en haut après l'eau, pour ton corps, refigue-orée !

      Lionne, Sois ma liane !

      Une poudrerie de bisous clairs !

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  13. Tout est beau chez toi ma douce Véronica !
    J'ai aimé et je me suis souvenue .... ah! Stivell ...
    Solène

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    1. Comme c'est gentil, chère Solène ... Je suis heureuse de la savoir par ta louche ... Toi qui aimes et te souviens, toi qui sais le Beau par coeur ...

      Je t'enrace tendrement

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  14. Je ne comprends rien à cette langue mais c'est très beau et mélancolique.

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Je recueille t'aime haut et te lis bien et beau ...
Merci pour ton charme en passage !