mercredi 18 juillet 2012

L'intuition des femmes, II

Comme promis, régulièrement, un chapitre à lire, relire, aimer, méditer de ce livre-phare de  Clarissa Pinkola Estés, avec le si beau passage en largo ma non tanto du Concerto pour deux violons en Ré mineur  BWV 1043 de Bach.




Pour toutes les filles et toutes les aînées qui soutiennent ce qu'il y a de bon et refusent d'obéir aveuglément à toute forme de surculture qui valorise l'absence de relief et dénigre la pensée ... pour toutes les filles et toutes les aînées qui escaladent avec toujours plus d"ingéniosité les montagnes mystiques et passent sur des routes accidentées ... pour celles qui parlent à l'âme avec toujours plus d'avidité, et pour les animaux, les eaux, les terres et les cieux ... pour celles qui gardent des chaudrons toujours plus profonds, qui rendent plus vive la lumière du phare, qui constituent un terrain solide là où auparavant il n 'y avait rien ... pour celles que les leçons données et reçues portent à l'incandescence, pour celles qui se reposent un peu avant de se remettre avec enthousiasme à l'ouvrage ... pour ces fleurs nocturnes dont le parfum intense persistent même si elles demeurent cachées ... pour toutes les filles et les aînées qui posent leur main non seulement sur le berceau, mais sur le gouvernail du monde à leur portée ... pour celles qui ont abandonné quelque chose d'essentiel et de fécond et sont revenues  sur leur pas pour le récupérer ... pour celles qui ont détruit quelque chose et s'en sont excusées humblement, au nom de l'amour ... pour celles qui n'ont pas terminé quelque chose, ou l'ont oublié ou n'ont pas saisi son importance, mais ont rendu, reconstruit, adouci, donné la "bénédiction" au mieux de leurs possibilités ... pour toutes les filles et toutes les aînées qui ont pris le blâme sur elles et ont donné leur chair et leur sang pour réparer le dommage causé par d'autres ... pour les filles et les aînées qui ont toujours choisi  de se montrer affectueuses plutôt que "correctes" ...


Pour elles ...
Puissent-elles se rendre compte à quel point leur vie est précieuse,
et que malgré leurs éventuelles insuffisances,
elles sont précisément les remparts,
les pierres de touche, les points de référence,
les exemples dont nous avons besoin.


Clarissa Pinkola Estés, tiré de La danse des grands-mères.




13 commentaires:

  1. Un texte magnifique en l'honneur des femmes, où l'on peut reprendre chaque proposition pour en savourer la justesse et la profondeur !
    Merci Véronica de le partager !
    Merci pour tes mots à toi chez moi !

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  2. Chaque fois que tu cites ce Livre... c'est un pur cadeau... un grand moment d'émotion...
    pour moi, pour toutes les filles et toutes les aînées...
    et je l'espère, pour tous ces hommes qui te lisent et qui sont beaux eux aussi avec leur part de féminité sauvage, sensible et irréductible en chaque être humain...
    Un cadeau qui magnifie la Vie, l'Être et l'Hêtre de ces arbres d'amour riches de multiples racines que nous sommes...
    MERCI

    Pour ce Bach en pleine terre aussi

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  3. petit passage en douceur dans ce jardin

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  4. Pour celles qui portent
    nos enfants
    caressent les grands
    attendent l'amant
    écoutent le vent
    embrassant
    la vie librement

    pour celles qui portent
    le poids des ans
    sans votre Talent
    le salut serait absent.

    Très chaleureusement

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  5. Merci pour ces mots à brûle-pourpoint qui me touchent aujourd'hui plus particulièrement, mais qui réchauffent aussi l'âme...et merci pour ce Bach qui gonfle le coeur !
    Bisous sous le vent...

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  6. C'est un superbe texte chère Veronica dont je ne me lasse pas de lire les mots de "Clarissa Pinkola Estés" accompagnés de Bach qui m'enveloppe... Ce texte est magnifique et il me touche beaucoup. Je reviendrai souvent le relire! Cela est certain.
    Merci de ce magnifique partage.

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  7. Mais c'est l'auteur de "Femmes qui courent avec les loups" ! Un livre que je lirai un de ces jours. Grand bien m'en a été conté =^.^=

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  8. Un pas sage, sincère et juste, si troublant pour chacune d'entre nous. J'avas commencé, il y a deux ans, sur le conseil d'une amie "Femmes qui courent avec les loups" du même auteur, à la fois attirée par le choix de ses contes, leur transposition et leur interprétation mais ma peur, que sais-je? peut-être mon refus de retrouver "la femme sauvage" en moi... j'ai suspendu ma lecture. Plus qu'une littérature, son oeuvre ouvre l'esprit, l'interroge, le dérange, le nourrit... J'y reviendrai Servanne lorsque j'aurais accepté d'être louve parmi les loups...A bientôt. Suzâme

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  9. Que te dire de ce magnifique texte , de cette sublime ambiance en lisant ces mots ...
    Que te dire, de plus, sinon que je me suis sentie louve souvent dans ma vie pour défendre des êtres, des causes, des animaux ...
    mais la sauvagerie est disciplinée de plus en plus et l'agneau va
    tranquille à la fontaine de jouvance , boire l'eau fraiche ...
    je ne me sens pas encore affectueuse (trop timoré sans doute ce mot) mais aimante,oui!
    Sol'n

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  10. Bonsoir Véronica.
    Ce très beau texte explique tout simplement pourquoi la femme est
    l'avenir de l'homme et de l'humanité.
    Le concerto de Bach est en parfaite adéquation.
    Douce amitié.Renaud

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  11. C'est très beau...Mais sur le concerto de Bach, c'est sublime!

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  12. Merci à tous ! Bonheur de vous lire.
    Je viendrai vous répandre un de ces jours !

    :)

    Salutations distinguées.
    Veronica

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Je recueille t'aime haut et te lis bien et beau ...
Merci pour ton charme en passage !