vendredi 27 juillet 2012

La paix du coeur


La paix nous vient du plus secret, comme une lueur qui monte, mais pour nous enfoncer dans la confusion du monde, pour porter jusqu'en son coeur l'horizon d'un ailleurs. Elle nous est accordée comme un espace à féconder. Aussi nous donne-t-elle cette vision plus large, plus pénétrante, ce souffle ample qui manque à notre agir, à nos pensées fébriles, anxieuses, toujours trop courtes. Sans cette paix, il n'est pas de bonté possible. Elle assure la condition de l'amour, la température et la luminosité favorables pour que notre coeur s'ouvre et s'épanouisse. On n'aime en vérité que par la paix dans laquelle nous avons su nous-mêmes nous établir.

Extrait tiré du dernier recueil de poésie de Philippe Mac Leod, D'eau et de lumière.


mercredi 25 juillet 2012

Laisser vivre l'enfant ...


" L'enfant en grandissant oublie le secret de la totalité enfantine, de l'enfant qui sait laisser vivre en lui tout un monde sans le paralyser de réflexions, de jugements, de condamnations ; de l'enfant qui vit dans une sorte de Jardin du Paradis où tous les êtres croissent pacifiquement côte à côte. "

Carl Gustav Jung, L'homme à la découverte de son âme, 1943, Albin Michel.


lundi 23 juillet 2012

Silencieuse, je mens.

Tu ne mentiras pas
T'en tireras-tu ?

Comment mentez-vous ?


Laisse-moi te conter comme je m'en délecte.
Avec les grandes orgues de Bach ...


Eh bien, je mens par foi, par plaisir et par sous rire.
Je mens joyeusement !
Je mens comme je reste, pire  je mens grandeur nature, je m'en moque si je mens de travers.
Je m'en parfume !
Je m'en songe bien ...
Je mens des livres, je mens tiret_


J'ai trop lu Les Sincères de Marivaux !
Les femmes hantent.


Je mens
Dûment
Vous montez du Mans ?


Je mens par homme, si on ...
Faire amante honorable.
Je mens pour Protée, j'ai une vie privée.
Je m'enparpolite, est-ce ... ?


Je m'entoure-loupe, je m'engrosse et je m'en rose.
Je m'enjuponne, je m'entoure d'y voir.
Je m'emprisonne, je m'enfrissonne, je menstrue, je m'entrompe !


Je m'en trempe !
Je m'en lave l'aime, hein.
Je m'en qu'on jure ...


Les enfants-même trempent, puis les zélés-faons.


Secrètement. Je brouille les pestes. 
Pleine d'orgue-oeil ... Regardez à ce propos ce reportage instructif sur un facteur d'orgue !
http://www.youtube.com/watch?v=qgg5ViSAn7o


Je ne mange jamais pour nuire à autrui.


Je te mante irai, tu n'auras plus froid.
Les femmes-mantes.


Te mens-tu ? ( Têtu(e) menti ? te manteras-tutu ? )
Pis, eux, mentent-ils ?


L'ave, rite et si je mens ...  Je suis saint serrement, désolée.


Mais je ne jure de rien, et si je vous mentais ... Toccata ! la bonne blague ! 

Veronica, De l'art d'aimante, Juillet 2012.


mercredi 18 juillet 2012

L'intuition des femmes, II

Comme promis, régulièrement, un chapitre à lire, relire, aimer, méditer de ce livre-phare de  Clarissa Pinkola Estés, avec le si beau passage en largo ma non tanto du Concerto pour deux violons en Ré mineur  BWV 1043 de Bach.




Pour toutes les filles et toutes les aînées qui soutiennent ce qu'il y a de bon et refusent d'obéir aveuglément à toute forme de surculture qui valorise l'absence de relief et dénigre la pensée ... pour toutes les filles et toutes les aînées qui escaladent avec toujours plus d"ingéniosité les montagnes mystiques et passent sur des routes accidentées ... pour celles qui parlent à l'âme avec toujours plus d'avidité, et pour les animaux, les eaux, les terres et les cieux ... pour celles qui gardent des chaudrons toujours plus profonds, qui rendent plus vive la lumière du phare, qui constituent un terrain solide là où auparavant il n 'y avait rien ... pour celles que les leçons données et reçues portent à l'incandescence, pour celles qui se reposent un peu avant de se remettre avec enthousiasme à l'ouvrage ... pour ces fleurs nocturnes dont le parfum intense persistent même si elles demeurent cachées ... pour toutes les filles et les aînées qui posent leur main non seulement sur le berceau, mais sur le gouvernail du monde à leur portée ... pour celles qui ont abandonné quelque chose d'essentiel et de fécond et sont revenues  sur leur pas pour le récupérer ... pour celles qui ont détruit quelque chose et s'en sont excusées humblement, au nom de l'amour ... pour celles qui n'ont pas terminé quelque chose, ou l'ont oublié ou n'ont pas saisi son importance, mais ont rendu, reconstruit, adouci, donné la "bénédiction" au mieux de leurs possibilités ... pour toutes les filles et toutes les aînées qui ont pris le blâme sur elles et ont donné leur chair et leur sang pour réparer le dommage causé par d'autres ... pour les filles et les aînées qui ont toujours choisi  de se montrer affectueuses plutôt que "correctes" ...


Pour elles ...
Puissent-elles se rendre compte à quel point leur vie est précieuse,
et que malgré leurs éventuelles insuffisances,
elles sont précisément les remparts,
les pierres de touche, les points de référence,
les exemples dont nous avons besoin.


Clarissa Pinkola Estés, tiré de La danse des grands-mères.




vendredi 13 juillet 2012

L'envoyée





Elle ne pourrait l'habiller en langue d'aime haut, _"Non je ne pourrai tablier répétait-elle, je le sens que s'étoile" ... Développant ses cheveux lents, en longue capitale, elle trouverait à le répandre. La belle âme hantait ... Blaise entrerait, viendrait célébrer la victoire. Elle le tremperait en corps. Parce que son maître la laverait dans l'eau des Ponges, elle le parfleurmerait. Telle oigne, c'est l'Eve ... Sur les doigts de l'âme, hein, elle les conterait, ça tomberait sous le sens. Les zappe autres. A chaque mot dit, la gorge des pétales. Les grands appâts. Lamelle veilleuse. Elle bouiquinerait, mieux que la lecture, avec ce petit cri dans la tête qui allume des feux de joues. Ah,  Cybèle, les temps qu'on jugulait bien se confondraient. Bien plus grand que le désir. Elle s'adapterait. _"Ne crains pas, crois seulement."
En fin, elle s'accomplirait.


Extrait des Arabesques de vie, Eté 2012, Veronica B.


dimanche 8 juillet 2012

Er voraerion ...

Le beau est souvent triste ... Il est nostalgique ... Le beau est musical ... Il voyage loin et profond ...Le beau, le vrai est essenCiel, on le porte en nous, on le recherche, il nous remplit, il erre, connaissance de nous m'aime ... 


Sur une musique d'Alan Stivell


Er voraerion

Buhé er voraerion e zo trist ér bed-man
Bepred pell doh o zud, édan glaù hag arnañù
Aveid gounid bara, bara d'o bugalé
Red é dehé lemel ag o bro ha balé

Kenevo e larant ha chetu ind ér vag
N'é ket en ér eité d'o-doud ur galon gwag
Lakaad e hrant de ouél, lavagnon pé kalm-chok :
Araog breman, mem bag, araog, penn é kornog !

Er voéz beur ar en aod, heb skuihein, én hé saù,
Doh er vag é pellaad e sell, e sell ataù ;
Hé halon zo mouget én ur mor a hlahar
Hag ar hé bougenneu, rédeg e hra un dar

En aùél e hwitell é fardaj er gwerni ;
Er mestr e lar : "Paotred, liù arnañù zo arn'hi ;
Hénoah é saùo béh ; 'n em lakam prest enta"
Hag oll er voraerion e bed Santéz Anna

Breman ar er mor braz é mant én o unan
Ne wéler a bep tu med er mor hag en néañù,
Stertoh-stert ér gouélieu aùél er méz e hwéh,
En houlenneu e foeñù hag en noz du e gouéh

Ha pen da de gemér er hart de hantér-noz,
Eid ma ei er rérall en tammig de repoz,
Er moraer, é chonjal én é vro ken bourruz,
E gan én noz, goustad, ur werzenn hirvouduz :

"Tèr leù ér méz taolet, tèr leù doh en Douar braz,
Me énézenn e saù, du é kreiz er mor glaz ;
Er herreg astennet tro-ha-tro hi gouarn kloz
Doh en houlenneu gouéù hag e ruill dé ha noz

Emesk oll er broieu en em strèu dré er Bed,
Naren, n'en-des nikun hag e zo ken karet ;
O mem broig ha Hroé, a pen don pell dohout,
Klañù on, ha e halon heb éhan e hirvoud

O me énéz kollet du-zé é kreiz er mor
Pegourz é touarin-mé én ha berhér digor ?
Pehér é anaùin tan ha dourieu, mem bro
Ken splann é du en noz ? Pegourz é tin éndro ?..."

Hag hunvréal e hra er peurkeh martelod
D'é voéz en-des lesket é ouélein ar en aod
D'é vugalé vihan, leùiné é galon,
D'é di liùet é gwenn e gousk ér stankenn don...

Er vag-hi, e ya 'taù didan deulagad Doui,
Tro d'er gouélieu tolpet, en Eled hé hondui ;
Santéz Anna, gwir vamm, e zousa en aùél,
Ha mond e hrant elsé, heb aon én noz téoél...

Labourerion er mor, michérerion kaled,
Peh kalon e zo deoh, ha penaoz é hellet
Chomel èlsé bamdé én ankén, ér marù mem ?... 
"Ni 'gred é Doué on Tad, ha Eañ e ra nerh dem"




Coup de coeur musical  !

Découvrez cette merveille, j'aime tant la voix de Yann Fanch Kemener, de "l'eauthentique" avec le piano voguant loin dans mes racines du bout de la terre, de Didier Squiban ...


 Yann Fanch Kemener
Didier Squiban, L'intégrale, 2011


Les marins


La vie des marins est triste en ce monde 

Toujours loin de leur famille, sous la pluie et l'orage 

Pour gagner leur pain, le pain de leurs enfants, 

Il leur faut quitter le pays, et voyager 



Ils disent au revoir, et les voilà dans le bateau 

Ce n'est pas l'heure pour eux d'avoir le coeur mou ; 

Ils mettent à la voile, que la mer soit houleuse ou calme : 

En avant à présent, ma barque, en avant, cap à l'ouest ! 



La pauvre épouse sur la côte, sans se lasser, debout, 

Regarde, regarde toujours le bateau qui s'éloigne 

Son coeur est étouffé dans une mer de douleur 

Et sur ses joues coule une larme 



Le vent siffle dans les agrès ; 

Le patron dit : "Garçons, il y a apparence d'orage ; 

Ce soir il fera dur ; mettons-nous donc prêts" 

Et tous les marins prient Sainte Anne 



Maintenant sur l'océan ils sont tout seuls 

On ne voit de toutes parts que le ciel et l'eau 

De plus en plus fort dans les voiles le vent du large souffle 

Les vagues s'enflent et la nuit noire tombe 



Et quand à minuit ils viennent prendre le quart 

Pour que les autres aillent un peu se reposer 

Le marin, songeant à sa patrie si agréable, 

Chante doucement dans la nuit une gwerze mélancolique : 



"Trois lieues au large jetée, à trois lieues de la Grande-Terre, 

Mon île se dresse noire au milieu de la mer verte ; 

Les rochers alongés tout autour la gardent soigneusement 

Des vagues sauvages qui jour et nuit déferlent 



Parmi toutes les patries qui couvrent le monde 

Non, il n'en est aucune qui soit tant aimée ! 

O mon petit pays de Groix, quand je suis loin de toi, 

Je suis malade et mon coeur gémit sans cesse 



O mon île perdue là-bas au milieu de la mer 

Quand atterirai-je dans tes ports ouverts ? 

Quand, ô ma patrie, reconnaîtrai-je le feu de tes phares, 

Si clair dans le noir de la nuit ? Quand reviendrai-je ?" 



Et il rêve, le pauvre matelot, 

A sa femme qu'il a laissée sur la côte, pleurante, 

A ses petits enfants, allégresse de son coeur, 

A sa blanche maisonnette qui dort au creux du vallon 



La barque, elle, vogue toujours sous les yeux de Dieu, 

Rassemblés autour des voiles, les Anges la conduisent, 

Sainte Anne, vraie mère, adoucit le vent, 

Et ils vont ainsi, sans peur dans la nuit ténébreuse... 



Travailleurs de la mer, durs ouvriers, 

Quel coeur avez-vous donc et comment pouvez-vous 

Rester ainsi chaque jour dans l'angoisse, la mort même ? 

"Nous croyons en Dieu notre Père, et Il nous donne de la force !" 



mercredi 4 juillet 2012

Comme un arbre dans ma vie ...




" L'amour n'est pas accompli le jour où il naît. L'amour est un arbre qui pousse avec lenteur, une chose vivante, et la vie ne connaît point l'immobilité."

Han Suyin, Multiple splendeur, Delamin et Boutelleau, 1953.




dimanche 1 juillet 2012

La petite voix entremetteuse ...



Faut-il résister à ses appels ou l'écouter ?  
Cette petite voix des antres mes ...
Entre mes ... tueuse ? ou entre ... Mais es-tu heureuse ?
Mais d'où vient-elle ? Qui est -elle ?
Pourquoi veut-elle me boule versée ...
Qu'à t-elle âme dire ?
Hein, tu y ... si on ... ?

                                   Est-ce ...oh est-ce !

Veronica, 1er juillet 2012