mardi 26 juin 2012

Amie, t'y es !






Je prendrai
Dans les yeux d'un ami
Ce qu'il a de plus chaud, de plus beau
Et de plus tendre aussi
Qu'on ne voit que deux ou trois fois
Durant toute une vie
Et qui fait que cet ami est notre ami.

Jacques Brel, Je prendrai, Editions musicales Pouchenel, 1964.


A quoi reconnaît-on un vrai ami ?

lundi 25 juin 2012

Au piano de son âme ... Hommage à Brigitte Engerer

" La vie passe. Le corps et l'âme s'écoulent comme un flot. Les ans s'inscrivent sur la chair de l'arbre qui vieillit. Le monde entier des formes s'use et se renouvelle. Toi seule ne passes pas, immortelle Musique. Tu es la mer intérieure. Tu es l'âme profonde. " Romain Rolland, Jean-Christophe, Albin Michel, 1949. En hommage à Brigitte Engerer, écoutons-là en corps ... Malade depuis cinq ans, elle poursuivait plus beau que jamais sa louange à la vie et aux autres ...

samedi 23 juin 2012

La force d'Aime haut



Néole auge-isthme

Pince ton bec d'abhorre 
Ne fais pas ta mauvaise tête
Celle qui tourne le dos
Renvoyant l'autre à la ruche !
Celle qui juge et qui dénigre
Celle qui se nobe et celle qui mouche
Fille-aile dans le vent
Sois la foi et non le fiel !
Pense à mettre toujours
Dans tes mots
Sur ce que tu touches
De l'or, des lambres et du velours 
Et de l'amour plein ta huche ...

Veronica, 23 juin 2012.



mercredi 20 juin 2012

Le vin rage !


" La gourmandise, le péché des moines vertueux."

Honoré de Balzac.



J'aime les secrets de rouge ...


Un bon verre de vin rage !

" Bois du vin ... , c'est lui la vie éternelle. "

Omar Khayyâm ( poète et mathématicien persan, v. 1048-v.1122 )



Avec choux à la rime ...


Et comme ce n'est pas si fréquent :
Mettre les pieds, saoule, à table !

samedi 16 juin 2012

L'amour du corps qui monte au coeur



Pour que le coeur exulte en corps 

N'ayons pas peur d'Aime Haut !


Je t'aimais

Le savais-tu vraiment ?
Je t’aimais comme on aime à vingt ans, à trente ans
De tout mon corps de femme
De mes rêves d’enfant

Cythare

Mes bras s'ouvraient en grand
Assoiffés de baisers
Clairs

Longs comme des cerfs-paons

Nos fièvres éveillées
Dans le goût de mon sang
Qui sucrait nos colères
D’amants

On grimpait au lit d'eau
On luthait chair à chair

Encre-or

Le coeur à l'accordée
Faisait le rouge gorge
Nos os se remplumaient !

La musique était râle
Où le ventre forgeait 


Chaud
Comme de l'embrase 
Au  creux des lèvres
Les laves en feu

Car sous mes yeux rieurs
Au ciel de nos matins
Ton rire qui éclatait et dévorait
Mon cœur
Malin

C'étaient ronronnamants
Sauvages

Ton nombre dur comme du beau

Les parades y gonflaient


Mais j’avais creusé loin
Dans les tréfonds secrets
Essoré l’apparence
Exalté la distance

L’Amour le bel amour

Ses élucubrations
Son mythe de toujours
 Pourtant …

Je t’aimais comme on aime à quarante, à soixante ans
L’âge n’y pouvait rien
De nos sels impatients
De nos cils d'oiseaux rire

Dans les ravins profonds
Je laissais mon parfum
Blond

Et cueillais les embruns
Dorés de la passion
Bleue

Lyre

On lavait la raison
Au jardin du bonheur
Fous, nous étions heureux , mon amour,
Mon corps …



Servanne-V, in l'Amour du corps qui monte au coeur,  2008.

Que les années paissent ...


mercredi 13 juin 2012

Les sans-papis

à Marcel B ( 1899-1986 )
à Jean-Marie M ( 1911-1977 )

+++++++++++++++++++++

Tu m'as laissée, papi, moi je ne t'ai pas eu ...
Je me sens sans-papi ...


... Avez bien existé, ancêtres de mon sang, deux grand-pères "mâles connus", vous étiez mis lit- taire, mais pas dans l'art ... mes grand-papas, je crois, car on n's'est pas connu, bon sang, oui bonne mère ! Qu'avez-vous donc fous, tu pour laisser une fille, une petite fille qui voulait vous aimer ...
On ne se parlait pas, moi je n'en savais rien !
S'asseoir sur vos genoux, écouter votre histoire,  papouiller vos moustaches, connaître vos secrets de femme, y mettre tout mon rang et rire à toutes dents !  Tu m'aurais consolée ... L'un houle autre, l'un aile autre.


Je suis là, sans papi ...


Je savais tes sabots et tes bottes de guerre, tes oignons et tes choux, tes pommes, tes artichauts, ta couverture de laine , tes ordres, ton air sévère, ô toi le Commandant, tes gros yeux de fessée, j'étais toute petite et mon coeur battait flore, pourquoi tant de souffrance en mon corps de fleur, de peur et de chagrin quand devais vous croiser, à toi la bise fraîche et l'odeur du fumier qui flottait dans ton champ, à toi le baise-main et le cuir glacé de tes longs catho- gants ...


Il me reste des riens, quatre yeux bleus de beaux hommes dans l'âge, deux pantalons trop courts, un sourire peut-être, les veines d'une main ...
et l'or de vos unions, deux alliances trop grandes, que je regarde, hagarde ...



                                                Servanne-V, Là où l'enfonce demeure, 13 juin 2012.



lundi 11 juin 2012

Te fait-elle rare ?



Ce matin, me suis réveillée débonnaire ...

Les mots labiaux.

Qu'importe l'art, en V, rites et ... Je vous le dis :

Entre le rire et la croyance, la femme accourt, je te le jure !

Elle ruisselle.

Les rares étés où je voyais son ombre dense, il y avait cette éclature au bord des arts ...
Un envol !
Comblée de cils au bleu  du ciel  ... Presque virginale.
Une prière, un  vers-missel ... Un Dieu sauveur ... Une oblation ... Fossile.

La rosage ...

Rare et fidèle. Un pur ...

C'était si beau.


                                                Servanne-V, Extrait d'Un jus de mens, juin 2012.





Et vous, Qu'est-ce qui vous fait rare ?


mardi 5 juin 2012

Toit-émoi, mon jardin ...



Mon petit bout de terre, que serais-je sans toi ?
Je t'ai créé de rien, des silences pierreux de gravières dormantes ...
Avec mes deux mains et un corps vaillant, je t'ai donné ton âme.
Petit espace d'ombres et de lumières ardentes ...
Il en a fallu des années, de la patience, de la présence, des audaces, de la constance, des absences et tant de solitude pour éprouver tes herbes, et le chant de ton pouls, rivé à la saison, pour accueillir l'oiseau.
Confident de mes peines, receveur de mes joies, secrètement, nous allions bien ensemble, je te parlais tout bas en serrant fort ta branche ... ô fertile !
Mon coeur tu l'as tenu à la chandelle aux pleines nuits de lune, tu as connu les ciels de mes ailes blessées, souviens-toi des prières sur tes fleurs laissées, c'est des cris tus, comme boules de neige qui pourfendaient ma gorge ...
Nous deux, sauvages, rendus sol y terre par la force des roses, libres ! on a tenu bon, courbés, par la plante des pieds, jusqu'au fin fond des vers ... 
Des sacrés à la pelle, des genoux à biner, tant de graines à s'aimer, en attendant la pluie ... 
S' allonger grand dans l'herbe, à la six y aime cloche vous êtes à voyager, sur un coq lit -clos, la pie hoche la tête, la reine mare-gueux-rite qui se prend un râteau ! Air-bulle-art, aumône-aster, toutes mes plaintes sentent   ...
Gratifiés de doux soins, une odeur-délice, un vent rempli d'amour, qu'on plisse, qu'on plisse encore, comme nés d'un panier, d'une chanson de bois, on secrète et partage une langue de terre, miel de caresses, clairs parfums de mes langes  ... 
Hume et mousse ! Haut mur, Hortus ! Ma muse et home d'histoires naturelles ... seras-tu mon pote âgé ?

Pourtant, là, cette joie, ce soleil du matin et ce coucher d'étoiles, il n'était pas Le Nôtre, c'était juste le mien ... 

                                                                                                                                          Veronica B, 3 juin 2012.


vendredi 1 juin 2012

L'intuition des femmes, I ...



Pour toutes les filles et toutes les aînées qui sont la preuve vivante qu'en dépit des dénégations de la société, des peines de coeur, des erreurs de parcours, des chutes et des brûlures, l'âme revient toujours à la vie, vit encore et avec intensité ... pour toutes les filles et toutes les aînées qui savent depuis plus ou moins longtemps que  malgré leurs points faibles et les dénégations du moi, elles sont nées avec la sagesse chevillée au corps et à l'âme, et que c'est à la fois leur héritage d'or et leur étincelle d'or. Pour toutes les filles et toutes les aînées qui travaillent à l'essentiel, à savoir faire la preuve qu'une femme est comme un grand arbre qui, par sa capacité à bouger au lieu de rester statique, peut survivre aux plus violentes tempêtes et aux pires dangers et continuer à se dresser par la suite vers le ciel, et qu'elle peut toujours, elle aussi, se mouvoir, osciller et poursuivre la danse. Pour toutes les filles qui sont elles-mêmes soit en début, soit en fin de formation pour devenir des "majestés ordinaires", aussi sages, et sauvages, et dangereuses qu'elles sont appelées à l'être, c'est-à-dire énormément. Enormément. 


Pour elles ...
pour nous tous, 
les grand-mères comme les grand-pères,
les petites filles comme les petits fils ...
Puissions-nous aller tous plus loin et être florissants,
créer à partir des cendres,
protéger les arts, les idées, les espoirs
qui ne sauraient disparaître 
de la face de la terre.
Pour tout cela, puissions-nous vivre longtemps
en nous aimant les uns les autres,
jeunes dans la vieillesse et vieux dans la jeunesse
pour toujours et à jamais.
Amen

                                       Clara Pinkola Estés

                                                            Dernier chapitre de La Danse des grand-mères