samedi 10 décembre 2011

Le jeune d'oeuf.

Ce n'est pas l'encre qui fait l'écriture, c'est la voix, la vérité solitaire de la voix, l'hémorragie de vérité au ventre de la voix.
 Christian Bobin,  Extrait de L'Inespérée


Je voudrais, poupe au nez, telle imagination, pondre en corps mon oeuf !
Un jeune fraise et moulu de ma panse féconde.
Alors je regarde, aux magasins de jouets, les poupons de sourire qui me lancent des grâces et je voudrais encore, sur mon sein bleu de mère, câliner le petit de ma chair engendré ...
Ce sont les derniers feux sifflés des fées Romone qui titillent mon ventre et me rendent femelle,  une belle de feu n'avorte pas ses rêves ...
Mais je ne pourrai plus sentir bouger la vie au dedans de mon sang, sentir grandir les plis sous mes doigts sentinelles et toucher ébahie le petit oiseau gras, déplumé de nos ailes miraculé de naître !
Le cri, le gazouillis et ces mille baisers dans les langes de lait...
N'être plus qu'une  femme, ô bonheur d'être femme mais plus celle animale pour porter lent le faon. Au plus beau des mystères. Lire Laurence Pernoud sur mon roc, in chairs. Toucher  la peau du sacre. Mettre bas, mise en terre ... La naissance dessine les cycles de la vie.
Et je m'en vais couver mon oeuf en sol y terre, juste en un feu de paille, le deuil du jeune d'oeuf, à faire.

à la poule songeuse, lui reste encore le vers ...

Veronica, 10 décembre 2011.




30 commentaires:

  1. le vers n'est pas solitaire par ces temps obscurcis
    c'est grâce et grand plaisir de te lire si allégorique, pas d'élixir parégorique pour se parer des après et des pendants, l'ovoïde est idée pas innée ni bassiné, une forme âgé haut métrique , pas symétrique, pas synthétique, une merveille d'équilibre pour passer le cap.
    Et s'il ferre hermione ce n'est pas le fait de la lionne mais les ovipares ne sont pas des pique horreur et laissent le soin aux petits de casser non la graine mais la coque avec leur dent de nez, ce n'est pas un pied de nez mais une facilité pour sortir de ce pied à terre et fouler celle ci de plain pied.
    Mais tous les œufs ne sont pas ainsi faits et le ovipares, sont plus mous et se dandinent en sortant le museau.

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  2. Géniale cette photo de petit coco en herbe qui gazonnouille en plein air...dernière coquettequirit de sa maman poule....

    Bonne fin de semaine Veronica!
    (P.S.Surtout,que personne ne t'envoie faire cuire un NEUF!)

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  3. Trés émouvant poème en prose, telle que je les aime. Avec en plus, ce qu'Aime Haut fait à la perfection, ciseler ses mots. Dans chaque mère, même celles qui ne peuvent plus avoir d'enfant, reste en elles, l'envie charnelle de porter cette chair de sa chair. Les petits-enfants nous permettent cela, prolonger ce sentiment maternel si puissant. Bises, ma chère amie. A bientôt.

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  4. Ttrès introspectif et intime ce post...De tout temps la Femme n'est réellement préoccupée que par la fécondation et la maternité. C'est à mon sens, la différence fondamentale et originelle entre la Femme et l'homme.Cette obsession plus ou moins présente en fonction des périodes de la vie transforme fondamentalement la
    « stratégie » des femmes à l'égard des hommes...

    http://youtu.be/HqqIBTadbtQ

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  5. Merci ma chère Servanne pour tes mots sur mon blog pour ma maman, oui avec de la patience et de la volonté, elle en a, elle remarchera un jour ...

    Je t'embrasse bien fort moi aussi

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  6. Soleil,

    C'est normal Soleil, ta maman ira de mieux en mieux oui. Mais qui est cette Servanne ? sourire

    Je t'embrasse, dans la soirée des toiles bleues ...

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  7. Oh...lala..! " le deuil du jeune d' oeuf..! :-)
    " le cri , le gazouillis et ces mille baisers..."
    Comme c' est doux , comme c' est chaud...
    comme j' aimerais..:-))
    Bisous au Mustela ma Véro

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  8. On ne s'est pas battu pour le jeune , pourtant sur fond blanc le décor était planté, il s’était cassé et pourtant était là, sorti de son contexte comme de sa coquille sa couleur ne s'était pas émoussée, pourtant il était capable de mousser

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  9. être femme ......
    vaste programme
    être mère..
    magique
    magie de la Transformation
    faire un bout de soie
    tout en tendresse tes mots ma belle

    je t'embrasse
    baiser chaud comme un oeuf

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  10. joliment contés ces instants où le temps compte contre nous. Terrible interrogation pour moi, je m'en souviens bien ... le dernier oeuf n'est pas venu et c'est aussi bien !
    Je t'embrasse !

    eluation !

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  11. Changements bio-psycho logiques. Interrogations à la fois logiques et illogiques. Ton envie de poupe au nez trouvera certainement dans quelques années le petit nez à bizouiller. Mais, en attendant, tu mets au monde chaque matin de nouveaux mots, de nouvelles tendresses, de nouveaux visages de la femme qui court joyeusement dans tes veines. Tout est en avant !
    Alors, bises de l'avent.

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  12. Quand j'avais la poupe au nez, étant beau mais sans plus, l'art timon me tirai déjà vers des zones plus calmes, j'ai lâché le ressac pour le havresac mais le havre n'a pas duré quand la poche a percé, trop loin j'étais la première fois, aussi je ne me suis plus éloigné pour la seconde, ce fut lumineux , ensuite la hausse d'hier m'a emballé et le grand voyage a pu commencer, c'était pas évident d'apprendre à carguer la toile quand caguait le drôle, et puis les douches étaient roides et le dos cassé, mais la cuisine nous a réconcilié, sauf à consommer des produits nocifs, une belle aventure qui dure et dont on n'oublie rien, du premier regard
    aux premiers baiser, des langes pour les anges aux devoirs , des lectures du soir aux abreuvoirs à savoir, et de l'orge qui malte
    hématique, si c'était à refaire, malgré les chemins de croix pour l'encoprésie pas de président, pour la sagesse, des quenottes et jamais ou presque de chiquenaudes
    l'autorité c'est pas du chiqué, c'est naturel ou ça n'est pas.

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  13. Almachronique,

    Vous n'avez pas de voix ah c'est ça êtes muette ? je comprends.

    :)))

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  14. Thierry,

    Merci ami, je crois pourtant que le vers est souvent solitaire même s'il se partage au fond ...

    Passer le cap oui, des passages dans la vie d'une femme, des envies parfois mais qui s'estompent à mesure que l'heure biologique avance. Quand on est à la fois trop âgée pour le corps maternel idéal mais encore assez jeune pour enfanter et qu'en plus on est très fertile de ce côté là ! Tout ceci n'est pas très cartésien, bien plus hormonal, mais heureusement je suis une mère comblée déjà alors le reste n'est que lit terre hâte hure ! et heureusement que le corps médical sait mettre le V tôt ! et que l'esprit est bien bien plus raisonnable !

    Tout ceci au fond, seule une femme peut bien le comprendre je crois ...

    Passe un beau dimanche aux vies-parts !

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  15. Claire-Fo,

    Merci ! Pas de cuisson un temps peste Yves rassure-toi ! rires, nous sommes le onze et non en neuf !

    Oui hein qu'il est beau ce petit qui fait des sourires à sa maman, berceau dans le gazon de printemps ! :)))

    J'ai de la chance quand même de voir des petits souriants à chaque fois que je cuisine ! autant de bébés en herbe à rêver, sans les inconvénients finalement ! rires

    Beau dimanche à toi aussi en belle Fo-lit !

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  16. Malou,


    Chère Malou, eh bien voilà, en quelques mots tout a tout dit tout ressenti tout compris et ce fut bonheur de te lire
    "Dans chaque mère, même celles qui ne peuvent plus avoir d'enfant, reste en elles, l'envie charnelle de porter cette chair de sa chair. Les petits-enfants nous permettent cela, prolonger ce sentiment maternel si puissant"

    C'est exactement cela ! cette envie charnelle animale humaine, puissante et mystérieuse ! qui se prolonge quand on a le corps chaud bien en vie mais qui se dissipe avec l'âge et la naissance merveilleusement espérée des enfants de ses enfants ... J'embrasse l'heureuse mère et grand-mère jeune et souriante bretonne en plus ! :)et la femme sensible et fine que tu es !

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  17. Oui l'horloge tourne et tique o tac, le temps passe mais ne repasse pas tous les plats, la fuite en avant n'est pas pour nous, il ne s'agit pas de col mater les prêches
    enfanter n'est pas enfantin comme aurait dit Fantin de la tour, nous ne sommes pas des pantins des arts réticulés , ni rit du cul ou nourrit de je ne sais trop coït.
    l'amour sur nous a pris et posé ses dents, pas de redents qui tienne, l'affaire tiltée n'est pas que digitale, les mains posées il faut oser:
    ma grand père maternelle a porté 12 enfants, je crois qu'elle n’avait pas le choix à l'époque
    mais c'est bien dommage, moins nombreux ils eurent eu une vie plus facile, les ficelles étaient grosses , le rôti mal emballé, mon grand père insatiable jusqu'à 80 ans passés, la petite dernière du fait de son âge avancé fut trisomique , pourtant la solidarité et l'esprit de famille m'ont nourri autant que les parties de manille ou la lecture de "la terre" et je garde de cette grande famille un souvenir de roman que j'écrirai un jour.

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  18. Je viens de lire ta réponse et en suis toute retournée...sensibilité quand tu nous tiens (sourire). En revenant ici, horreur des horreurs, voila que je vois une citation de Christian Bobin qui me touche au plus profond. J'adore cet auteur qui mérite lecture, relecture, notes et réflexion. Je dis horreur des horreurs car je ne comprends comment j'ai pu ne pas la voir. Ou tu me fais une farce et tu l'as ajouté depuis (sourire) ou bien.... mon regard fut immédiatement attiré par ton billet. Bien fait de revenir sur ton article. Bises du jour toutes humides de ce temps pourri.

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  19. Les fées Romone !!!!!!! hi hi... Quel beau texte... et même si je n'ai plus du tout envie d'avoir d'autres enfants, c'est vrai que j'ai la nostalgie de ces petits êtres blottis contre nous, de leur odeur, leurs yeux confiants,leur sourire...

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  20. Malou,

    Non ne t'inquiète pas Malou, tu n'as pas rêvé et je n'ai pas vraiment voulu te faire une farce ( sourire ) juste que oui j'ai rajouté cette phrase recroisée dans mes dernières lectures, comme ça m'arrive de le faire en mes billets enrichis parfois après-coup mais par coeur bien sûr, la voix qui appelle tu sais ... Voilà j'en suis ravie, qu'elle te parle et puis désolée de ce fichu temps chez vous, ici un soleil magnifique que je suis allée respirer en bord de Garonne !
    Bisous en toile de nuit !

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  21. East Side Story,

    Peut-être que la plupart des femmes en effet sont préoccupées par la fécondation et la maternité, étant normalement constituées femmes pour cela, mais enfin ta façon de le formuler paraît un peu réductrice. Sans compter qu'il est des femmes absolument pas préoccupées par la procréation ou l'envie de pouponner. De même cette formule " la stratégie des femmes", certes la femme est sans doute infiniment plus fine que l'homme en général ! ( sourire ) beaucoup plus rouée mais enfin là encore pas de généralisation ! N'allons pas ouvrir le débat homme/femme on se rendra vite compte de tout ce qui nous sépare hein ! Plaisir de réécouter Brel, je partage assez sa vision de ce que la femme reste toujours mystérieuse à l'homme ! et tant mieux ! " La femme veut garder le gars, dit-il " Oui quand elle est amoureuse c'est sûr, mais une femme déçue par exemple est entière et là plus de gars ! Je m'arrête là.

    Bonne soirée !

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  22. Mathilde,

    Chère Mathilde, ça sent bon hein ce petit corps neuf en baby gros parfumé au Mustela oui ! :))) Oh qu'on ne se trompe pas je n'ai jamais connu heureusement la perte d'un oeuf neuf ... et je pense à ces femmes qui connaissent ça.

    Je t'embrasse par fumée, entre la tartine et le chocolat ;)

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  23. Stef et sa belette,

    Bienvenue en Aime Haut et merci !

    Au plaisir !

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  24. Jeanne,


    Etre femme, oui quel beau programme ! Es-tu heureuse d'être née femme Jeanne ?

    Merci pour ce baiser couvé à la tendresse maternelle !

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  25. Lautreje,


    Elue, ah si ... s'arrêtait de penser à ces choses, profitons de la paix sans les gosses ! rires

    Bisous libres !

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  26. Lily,


    Merci pour tes mots d'avant d'aujourd'hui et de demain j'espère ! :)
    Bien sûr, je fais des bébés tous les jours ! Tiens je viens d'en mettre un au congélo !!! rires, bon on peut plaisanter un peu naisse pas ! Il est des choses si illogiques si épouvantables que j'en vomirais que d'y penser vraiment alors ...
    Je pense à ces mères veilleuses êtres d'utérus qui aiment envers et contre tout, qui aiment toujours ... qui aiment simplement ...

    Je t'embrasse, emmaillotée d'amitié.

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  27. Il y a tant à dire sur les beautés, et ne les oublions pas, les difficultés d'être mère ! J'ai déjà le bonheur d'être grand-mère d'une jeune adolescente et ma nostalgie du moment c'est la complicité vécue avec elle petite fille, souvenirs bénis qui resteront aussi j'espère pour elle.
    Bisous du soir chère poète !

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  28. Belle manière de faire passer le message. Bravo, vraiment.
    Moi les jaunes d'oeufs, je les traite autrement. ;)
    http://www.lumieresdelombre.com/archives/2009/12/27/16290742.html

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Je recueille t'aime haut et te lis bien et beau ...
Merci pour ton charme en passage !