lundi 3 octobre 2011

L'eau d'épure ...

"L'homme qui emporte l'évidence sur ses épaules
Garde le souvenir des vagues dans les entrepôts de sel." 
René Char, En trente-trois morceaux, 1956.


Pour que le sang fleurisse et la peau de sommeil chante fleur ...
Je sue, tu sues, sut-il ... combien j'ai transpiré dans mes nuits d'un somme-nid ? 

Perlée de sel aux creux des seins
La peau frissonne et fait sa cure
Dans les dentelles de mes moires
Sur la pointe de mes vers-tiges
Qui sonnent à l'eau par la mesure
De gouttes-mer
J'y ode clair mes rêves noirs
Qui à deux meurent ou qui se figent
Coches debout et coches-mares
Les galops fous sudoripares
L'esprit se lave et se libère 
Pour un corps sain
La fièvre au cou
C'est l'eau d'épure ...

Veronica, 3 octobre 2011.


33 commentaires:

  1. Eau-la-la,surtout ne pas mettre le holà à cette poésie-là!

    L'haut des purs,c'est le paradis...
    Le pure-rein,c'est pour les impurs....

    Bonne semaine!!!!

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  2. Vive la thalasso
    Trêve dans les assauts
    Que l'eau salée de la mer
    Lave l'amer et porte douce heur eau coeur
    et eau corps

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  3. Un moment unique de transparence poétique. Je fais un lien avec ton blog.

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  4. Quand c'est sensuel,
    Les sens l'ont su, Elle.

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  5. Entre poivre et sel
    Toujours des rêves d’aisselles.
    Sel ne nos vie et de nos en vie
    Epure et pure, le désir d’intime.
    Tout autant que de rimes.
    Encore et en corps dans les alcôves
    Se lovent les rêves les plus fous…

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  6. J'admire ce ballet de mots !
    Je ne suis pas capable de te répondre dans ce mêmnez lent, les sangsues elle absorvent toutes mes zen-ergies !

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  7. grisé par les mots, dégrisé par les embruns
    quand je loupe le coche mare, je me fouette,

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  8. Un poème élégant qui me paraît de circonstance au vu de la chaleur qui nous étreint ces jours derniers.
    C'est admirablement tourné !
    Amitiés

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  9. je connais l'eau dépare, pas dépareillée, ni appareillée, et puis il y a qu'es aco qui nous tourneboule, et puis vie chic c'est lèse teint
    mais rien ne vaut le veau de vic, pas vaseux mais presque, et vlan, vla qu'il pare au plus pressé

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  10. L'Agout est haut, car il goutte, sans doute.
    Une goutte d'Aime Haut et tu aimes l'eau.
    Là, goûte et OH! sans nul doute.
    Je vous embrasse
    Maia

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  11. Si dans les dentelles de moires, on peut goûter le fruit blanc, j'aimerai bien une poire pour la soif, ça laisse un bon goût en bouche.
    (J'aime beaucoup ton texte)

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  12. Bel air outre-marin...
    Beaux l'Aime Haut oh si... Pretty Lyrics.

    C'est en angles et donc on ne dit pas Pour Celle
    même si on le laisse chanter
    ni Pur Sel
    m'aime si ça conserve et rehausse les saveurs
    ça pique aussi, ça ronge un peu
    ça se fabrique dans les yeux
    ou en auréoles après lasse sueur
    on dit plutôt Peur Celle... Peu Celle...
    Peut Celle... Peur Celle...
    entre les deux... repeat after me...
    But you sea...
    la peur a eu sa cure
    montée en selle
    les grands chevaux du Char de peau c'est un don
    au galop détalée évaporée
    ne reste qu'à chanter... let us sing...
    pour les pur(e)s
    qui le valent bien

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  13. L'insomnie en dentelles
    et des rêves si noirs...
    La peau de soie se lave
    de ses tourments du jour...

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  14. l'eau
    ciel
    mer
    elle lave
    elle se perd
    elle manque
    elle est vie
    belle eau que tu nous donnes

    je t'embrasse petit matin

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  15. Bonjour, Veronica.

    Comme René Char aurait aimé le sel de ta vie...
    Mais point n'est besoin d'être René pour l'aimer aussi et ainsi...
    Merci beaucoup.

    Je t'embrasse.

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  16. Boire à la source
    De ses désirs de ses matins
    Eau vive du torrent !

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  17. Dans la moite heure
    Se fait le lit de l'eau d'épure...
    Sur l'ambre de la peau,
    Dans le pli de l'amant Cheux,
    Le Long d'airain
    Le salin se love...

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  18. Des vers qui chantent fleur dans mon coeur, Veronica!

    Une ode à l'eau d'épure
    Captive de tes coches-mares
    Ourlée de tes rêves noirs
    Où la peau frissonne
    De gouttes-mer sensuelles
    Perlée de sel et de dentelles
    Où l'esprit et le corps
    Galopent dans un fiévreux
    et libérateur corps à corps

    Doux baisers de sel..de-gouttes-mer!

    Claudie

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  19. Merci pour vos gentils mots ... et toutes vos interprétations ! Cela me touche beaucoup ...

    Mais dans ce texte rien d'érotique, point de poivre-aisselles, ou alors à ma cordée fendante, juste le verbe qui exfolie, purifie, la peau qui perle après la peur, retour à la source de soi, c'est le corps qui parle la nuit et se nettoie ... Dans la fièvre capitale, au comble des nuits inquiètes, le mot fait son travail et merveille quand il le fait bien ...

    Car Laudes est pur aussi, quand le corps fait sa prière ...

    bientôt j'irai aumône-aster ...
    Merci en corps et pour lui ...

    Veronica

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  20. Une sudation silencieuse et salutaire que l'on se souhaite en secret.

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  21. "...et toutes nos interprétations ! "
    ... ouf ! je ne suis pas le seul pour le coup,ça me rassure :-)

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  22. Ou quand la beauté du verbe danse, en chantant, devant notre regard heureux.

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  23. Paradoxalement, votre poème me fait revenir à Pierre Jean Jouve et son Sueur de Sang...

    Miracle de la voix, ah si mon œuvre dure,
    Es-tu sorti de ces conditions désertes
    Qui tant de mal faisaient à l' âme et du si pur ?

    ..Vous nous faite penser à l' excellence frémissante!
    Belle soirée..

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  24. Church île and other British4 octobre 2011 à 19:31

    "Je n’ai rien à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur...
    et... la Victoire..."

    Enfin, là, ça ne saigne pas
    et laine mie n'est pas si méchant
    même s'il a pu générer pelotes et boules
    il peut aussi réchauffer et nourrir
    apporter sur ses épaules douceur et saveur

    You shall overcome

    http://www.youtube.com/watch?v=awositUJYLM

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  25. je viens de voir le poème de Pessoa. :)

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  26. Visite dans un jardin d'amour. Très agréable, sérénité bienvenue

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  27. délicate eau
    tu sens dessus dessous
    l'épure de ton Ô

    belle fête jolie fleur au coeur poète !!

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  28. Qui a deux meurent, le rêve... l'amour accompli. Merci de ce si joli poème empli d e musique et du bel air qui l'accompagne aujourd'hui!

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  29. Pour toi poète mon souffle suspendu à ton eau si pure, si belle, celle qui nourrit ton coeur
    C'est magnifique !
    Je t'embrasse

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  30. quelle belle écriture! toute imagée...comme j'aimerais écrire comme ça! oh! non! pas le monastère!

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  31. je recueille l'eau d'épure à ma table à carte, de mon chemin je ne m'écarte sauf si elle ment , et dans ces exquises esquisses je tente un pas et m'aventure, sans gouache ni gouaille, je détrempe et me fond dans le paysage

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  32. Ton commentaire me rappelle un passage écrit par mon frère.
    "Quand l'homme ferme les yeux, il peut sentir la nuit vivre en lui.Pour tuer le temps, il avait souvent rêvé d'elle qu'elle n'était que blanche.Que le sommeil sans surveillance, oubliait sa ronde.Comme celle de ses noces quand il l'avait chevauché entre chiens et loups.Fugitif, ce fut bien la seule fois où il devint son gardien"

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Je recueille t'aime haut et te lis bien et beau ...
Merci pour ton charme en passage !