dimanche 23 octobre 2011

Foulé au vent


" Elle portait le foulard comme on porte le vent, un pied devant l'autre et le cou au carré.
Son foulé de bonne femme mêlait jambes en coton, roulait partant, sans turbulences, autour de sa pensée.
 Tissu de soi, parfois moue de lin avant, la grimace annoncée d'un triangle mouvant.
Elle dansait son full-art, de ses mains bal à deux, ajustait l'accessoire pour étoffer sa foi.
Voulait retenir l'eau, l'eau des fraîches vendanges, dans ses deux bras soufflés.
Elle hissait la couleur !
 En respirant bien fleur, elle gonflait sa poitrine, habillait ses cyclones, réglait précisément la pression et le jeu, la longueur et le mieux des hauts en blanc.
Lors, sans étoffer de froid, peut-être l'esprit ceint, les ailes de ses manches à l'énergie solaire, elle se vivait mobile et quel effet de Foehn ! Douceurs d'ivresse, camouflages parfaits.
Sauver les appâts rances.
Mais dans les cours en noir, le foulard glissait, glissait comme néant.
 La femme repliait son mouchoir de vent. "
Quand saurait-elle vraiment laisser tomber le voile accroché à son coeur ?

Veronica, in Tissus de femmes, Octobre 2011.


26 commentaires:

  1. Quand l'apparence revêt les couleurs du jour... la peau se tatoue d'émotion, se parfume de l'air du temps, de la terre mère ou de l'ail en chemise... en dessous, bien au chaud, le vrai soi, la soie douce... bon dimanche ma Veronica.
    Entre rugby et ordi, mes yeux tricotent ! Bisous dorés comme l'automne.

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  2. Comme c' est rigolo...Chez nous aussi , entre rugby et ordi..!! :-))
    A pas de velours je suis passée...respirant les messages de ce joli foulard...à n' en pas douter c' est un carré Hermès...
    Comme toujours il n' y a que des bijoux chez toi..
    Joli Dimanche à toi..
    Une envolée de bisous soleil doré sur fond de ciel azur rien que pour toi

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  3. Mode-elle lisse en cieux...
    Ex-scellant camoufle-âge...
    Comme transe par an....
    Un miss-terre en soie....
    à-vide d'infini!!!!

    Bon dimanche...une journée pour se la couler douce....!

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  4. Elle portait le foulard comme on porte le vent...
    On pourrait juste s'arrêter sur cette phrase et laisser la pensée prendre son envol...
    Une très belle phrase, vraiment.
    Full art!!

    Elle portait le foulard comme on porte le vent...
    Je ne m'en lasse pas.

    Bon dimanche, je vous embrasse

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  5. " Tissu de soi, parfois moue de lin avant, la grimace annoncée d'un triangle mouvant."
    On ne peut qu' apprécier cette érotisme essentiel, voilé...

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  6. Cette femme qui porte le foulard comme on porte le vent, au Levant de préférence, marche d'un pas fragile et solide à la fois -
    je la vois devant moi, proche et lointaine tenant d'une main fine un foulard dissipé qui s'envole un instant ..
    dois-je la dépasser ... non, je reste là à regarder la danse du carré de soie sur l'épaule!!
    Ma miss terre yeuse , je vous garde
    en pensée ...
    Solène
    Belle inconnue, où t'en vas-tu
    déposer ce foulard ?

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  7. Quand les voiles sont bien accrochées au cœur, un rien de vent d'amour l'emporte sur l'eau céans.

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  8. Je viens,je lis, j'accueille tes mots, je reprends ma respiration ... tes drapés sont merveilleux, tes replis pleins de délicatesse, de douceurs, de beautés, de sensibilité.
    Je t'embrasse

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  9. Ton texte est un plissé soleil qui chante dans les Ô de HURLE VENT la ballade des tisse rend! beaux, tes cours en noir et tes hauts en blanc!

    Dans ton foulé de bonne femme, il y a de la hard liesse, tu n'as pas peur des cours en noir, ta moue de lin hisse haut les voiles!

    Ne laisses surtout pas tomber le voile accroché à ton coeur! Respire-bien, fleur!..et, garde l'esprit ceint!

    Je t'embrasse, Veronica dans la douce heure du soir

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  10. Pour toi, ces vers, Veronica

    Je t'apporte ce soir

    Je t'apporte, ce soir, comme offrande, ma joie
    D'avoir plongé mon corps dans l'or et dans la soie
    Du vent joyeux et franc et du soleil superbe ;
    Mes pieds sont clairs d'avoir marché parmi les herbes,
    Mes mains douces d'avoir touché le coeur des fleurs,
    Mes yeux brillants d'avoir soudain senti les pleurs
    Naître, sourdre et monter, autour de mes prunelles,
    Devant la terre en fête et sa force éternelle.

    L'espace entre ses bras de bougeante clarté,
    Ivre et fervent et sanglotant, m'a emporté,
    Et j'ai passé je ne sais où, très loin, là-bas,
    Avec des cris captifs que délivraient mes pas.
    Je t'apporte la vie et la beauté des plaines ;
    Respire-les sur moi à franche et bonne haleine,
    Les origans ont caressé mes doigts, et l'air
    Et sa lumière et ses parfums sont dans ma chair

    Emile Verhaeren

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  11. comment as-tu trouvé cette inspiration...? ce dimanche il y a eu du vent..et aussi du full-art ...J'adore... Bises

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  12. Justement ce matin le vent s'est levé et a emporté mes rêves, très loin, très loin...
    "Si je porte à mon cou un soupir de soie, c'est qu'encore une fois j'ai voulu comme un fou, me souvenir de toi, de tes doigt sur mon cou...." Une chanson de Maurice Fanon, c'est exactement à ce texte que le tien m'a fait resurgir au fond de ma mémoire.
    Bises du soir

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  13. http://www.youtube.com/watch?v=rQv4NrmfoAs
    A écouter !
    A bientôt

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  14. Une ode au vent, à l'esprit, à la marche légère et dynamique. Celle qui bouge le corps, fait s'envoler l'esprit pour une plus grande présence à soi. Foulard voyageur, je pose mes genoux pour partir un moment avec toi.

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  15. oh comme il est beau ce foulard !
    il caresse mon coeur...

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  16. « Elle portait le foulard comme on porte le vent, un pied derrière ,un pied devant et le cou au carré. Autour de sa pensée, son foulé de bonne femme mêlait jambes en coton, roulait pourtant sans turbulences... »

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  17. défoulé au vent
    des foulées ailées devant l'auvent
    pas de foulage dans le vent de l'alcool, pas de foulon sans houblon
    la foule art admire quand le polar a mine, un carré se soi devant soi c'est un jard hagard, pour l'oie blanche , pas de Madras mais comme de l'embarras , lac c'est soir mais depuis Remiremont ou Gerardmer !
    ah lisez la couleur dans les alizés du coeur .

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  18. Quel talent ! Point n'est besoin de l'image car ce foulard vit ô combien par tes mots à nul autre pareil. Un délice. Merci. A bientôt Véronica.

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  19. Je n'ai pas ce talent d'humour et de poésie pour jongler avec les mots sons mais beaucoup d'émotion à te lire Véronica. Elle est de toujours et de partout, ta femme au foulard !

    J'aime beaucoup ta marge de droite avec des images et des mots qui comble mon petit coeur :-)

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  20. engoulevent, en coup de vent, en sire rococo en mail thème, embase embise, embistrouillé, pas d'abri, pas d'abrise, quant à brique le gars cogne

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  21. Merci à tous,

    très châle, heureusement, par l'étang qui court ...

    Full art sur vos bonheurs ...

    Veronica

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  22. Mots_art
    Symphonie K ré de soie dite « Hermès », en si là si veut pour vents de cols chics et fleurs de vigne
    enlevée, emportée, par le virtuose file harmonique du Jardin
    glissando mineur, fugues en arpèges retombants qui dévoilent le choeur en douceur
    et puis un crescendo en vrilles nerveuses et ornementées
    de la fosse noire montait une musique qui se respirait comme une rose d'automne

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  23. Tissus , etoffes,soieries,damassés,velours frappés, tes mots sont doux et satinés ,même aussi pelucheux ,envie de s'y lover...
    que j'aime!!!

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Je recueille t'aime haut et te lis bien et beau ...
Merci pour ton charme en passage !