lundi 26 septembre 2011

La langue de chêne ... ou la chaise-langue ...

26 septembre : Journée Européenne des langues



26 septembre : Journée Européenne des languesCélébrer la diversité linguistique, le plurilinguisme, l'apprentissage des langues tout au long de la vie.La Journée européenne des langues a été créée durant l'Année européenne des langues en 2001, à l'initiative du Conseil de l'Europe, et de l'Union européenne. Des centaines d'activités à travers toute l'Europe célèbrent la diversité des langues et encourageront leur apprentissage.

Célébrer les langues signifie célébrer la diversité. Parler la langue de l'autre, c'est aller vers lui, se mettre à sa portée et lever les barrières et les appréhensions. Apprendre une langue est à la portée de tous. L'enthousiasme et la bonne volonté peuvent ouvrir des fenêtres vers des cultures et des horizons nouveaux.

Célébrons notre diversité ; que cette journée particulière marque le point de départ de l'apprentissage d'une nouvelle langue,
 peut-être ?



( Mon petit coin aux treize ors ...)


C'est donc la langue allant vers ... vous que je vous invite à échanger un mot dans la langue ( D'heure ô paix ... ) de votre choix !




( Il suffit d'une chaise-langue pour papoter entre les figues et le romarin, en écoutant les oiseaux polyglottes )


 ... tandis que, bien installés sur une chaise-langue ( ... ah oui ? eso es la verdad ? Oh God ! ... où ça papote bien en langues impro-blablas ! ), à l'heure des derniers treize ors de septembre au jardin, je vous offre en deux langues


The Gardener, Le Jardinier de Robert Louis Stevenson.


Mon grevilléa caressé par le buddléia autrement dit Quand les bras parfumés de l'arbre aux papillons caressent tendrement les tendres aiguilles d'un arbuste du soleil)


The Gardener
Le Jardinier

The gardener does not love to talk,
He makes me keep the gravel walk;
And when he puts his tools away,
He locks the door and takes the key.

Le jardinier il aime pas causer,
Il m'oblige à rester dans l'allée;
Une fois ses outils bien rangés,
Il ferme la porte et prend la clé.

Away behind the currant row
Where no one else but cook may go, 
Far in the plots, I see him dig
Old and serious, brown and big.

Là-bas, derrière les groseilliers
Où seule cuisinière peut aller,
Je l'observe à bêcher les parterres,
Grand, basané, âgé, austère.

He digs the flowers, green, red, and blue,
No wishes to be spoken to.
He digs the flowers and cuts the hat,
And never seems to want to play.

Il bêche les fleurs, vertes, rouges et  bleues,
Et décourage les importuns.
Il bêche les fleurs et coupe le foin,
Et semble n'être jamais prêt au jeu.

Silly garderner ! summer goes,
And winter comes with pinching toes,
When in the garden bare and brown
You must lay your barrow down.

Idiot de jardinier ! après l'été,
L'hiver arrive et ses pincettes,
Dans le jardin brun et dénudé
Tu dois reposer ta brouette.

Well now, and while the summer stays,
To profit by these garden days
O how much wiser you would be
To play at Indian with me !

Allons, tandis que dure l'été
Où l'on profite des jours de jardin
Comme tu serais plus avisé
De jouer avec moi aux Indiens !

Robert Louis Stevenson.


22 commentaires:

  1. Ahhhhhhhhhhh
    Ohhhhhhhhhhhhh
    ah mais je te reconnais, toi poétesse, aux avis de mots ! auge eux lis tes R !
    ben ça alors !
    youhou !
    oui bien sûr, ça ne peut être que toi !
    je t'embrasse bien fort !
    contente de te retrouver !

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  2. la langue...au chat,çà compte également ?

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  3. Celle que je veux apprendre : la langue des signes. Sincèrement car sensibilisée par les personnes malentendantes.

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  4. Bonjour, Veronica.

    Le texte, très agréable à lire, est indiscutablement en deux langues.

    Mais quand j'entre chez toi, j'entends d'abord celle du silence. Puis je la traduis...

    Merci beaucoup.

    Je t'embrasse.

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  5. Oh que oui, la langue est le premier outil pour aller vers l'autre, de même l'outil indispensable pour s'intégrer dans un pays d'accueil.
    Merci pour Stevenson, Véronica !

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  6. Il n'y aura jamais assez de langues, pour dire la même chose.

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  7. une belle langue de boeuf aux cornichons ,t'as raison ,il n'y a rien de mieux :-)

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  8. Les yeux qui parlent me plaisent aussi aussi très beaucoup...Tant de choses passent dans un regard...:-))
    Je viens de rentrer au port...je me récupère et viens bien vite papoter avec toi près du laurier rose...
    Bisous tendresse

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  9. Que vais-je apprendre comme langue pour me mettre au diapason ?
    j'ai appris le langage d'aimehaut ... le langage
    d'aimains ... le langage d'aizieux ...
    ce sont de belles façons de s'exprimer , non?
    Et puis, si tu permets, je choisirais ta chaise et j'y resterais seule car la solitude est souvent mon amie ....
    En langage d'aise pris, je sais que tu m'as comprise ...
    Solène

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  10. Devant un si beau billet,
    je reste sans mau-dire,
    et pourtant,je n'ai pas la langue dans ma poche!
    J'ai les mots sur le bout de la langue...
    en me languissant de partager des "langues de chat" dans les chaises-langues de ton jardin....

    Bonne journée!
    Et en langue allant vers :
    sceBsceBsceB!!!

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  11. Langue de silence parfois
    Mais pensées toujours
    Merci pour tes mots d'oiseaux qui disent le printemps ...

    "Célébrer les langues.. aprendre une langue"
    "Les mots étrangers" d'Alexakis
    Une belle et intéressante idée lecture pour les soirées d'automne

    Je t'embrasse douce Servanne

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  12. C'est vrai que nous, français, pas très doués pour parler les langues étrangères, mais on peut s'ouvrir à l'autre même en silence, par un sourire des yeux ou bien du coeur, par des gestes appris (telle la langue des signes si belle langue universelle ( mon frère l'a apprise et je suis toujours émue de le voir s'exprimer ainsi ... )ou improvisés même gauchement ...On peut instaurer une complicité de mots avec des frères/soeurs de langue mais que dire quand on arrive en Chine où l'anglais n'est même pas compris parfois, on se sent bien petit ... !

    Il faudra que je m'y remette, demain oui ! enfin ... un jour !
    Quelle procrastinatrice je suis ! )

    Merci à tous pour vos mots et partages, dans la langue de chez vous !

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  13. J'aime ce qui est dit ici (sourire) , ce goût pour l'altérité qui nous fonde.

    Merci pour le passage, que vos jours soient lumineux de douceur et de tendresse.

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  14. Pas très douée pour les langues étrangères, je me fais comprendre avec lenteur si nécessaire, mais la raison est que j'ai peu voyagé en dehors de l'hexagone. Je me souviens avoir passé une journée avec un Espagnol et les expressions, les tournures me revenaient au fil des conversations. Par ailleurs, j'aime beaucoup la façon de parler du Québécois Fred Pellerin. Au début du spectacle, je ne comprenais pas tout, mais après en cherchant sur Internet et en me remémorant ces savoureuses expressions, j'étais aux anges ... Enfin presque. C'était tiguidou !
    J'adore également les tournures en patois. Quel sel, quelle saveur injustement méprisée ! A bétout ma grande ! Bises sur tes deux jottes.

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  15. M'installer sur une chaise longue pour papoter entre les figues et le romarin, se serait avec un immense plaisir...
    Merci de ta visite et très belle journée Véronica

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  16. del moto mi rinfacciano...
    Dunque pietà per le tirbate piante
    evocate per poco nella spirale del vento
    che presto da me arretreranno via via
    salutando salutando.
    Ed ecco già mutato il mio rumore
    s' impunta un attimo e poi si sfrena
    fuori da sonni enormi
    e un altro paesaggio gira e passa.

    Vittorio Sereni, Les instruments humains.Verdier éditeur.

    le privilège du mouvement...
    Alors pitié pour les arbres troublés
    un moment évoqués dans la spirale du vent
    qui bientôt s' éloigneront de moi peu à peu
    en saluant en saluant.
    Et chargé déjà voici que mon bruit
    se cabre un instant puis se déchaîne
    hors de sommeils démesurés,
    et qu' un autre paysage tourne et passe.

    Belle journée!

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  17. Il vento
    Vi martoria ancora
    Alberi

    Fa cadere svolazzando
    Facili come il burro
    Le ultime foglie
    Gialle

    D’oro
    Come la ragione

    Una chioma
    Di bionda intelligenza
    Si ostina sulle vostre teste

    ----------------------------------------

    Le vent
    Vous tourmente encore
    Arbres

    Fait tomber voletant
    Faciles comme le beurre
    Les ultimes feuilles
    Jaunes

    Dorées
    Comme la raison

    Une chevelure
    De blonde intelligence
    S'obstine sur vos têtes


    ----------------------------------------

    Voilà ma contribution à cet échange linguistique !
    Bonne journée !

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  18. Puisque l'honneur est à l'italien, je vais suivre le courant :

    Pensiero,io non ho più parole.
    Ma cosa sei tu in sostanza?
    qualcosa che lacrima a volte,
    e a volte dà luce.
    Pensiero,dove hai le radici?
    Nella mia anima folle
    o nel mio grembo distrutto?
    Sei così ardito vorace,
    consumi ogni distanza;
    dimmi che io mi ritorca
    come ha già fatto Orfeo
    guardando la sua Euridice,
    e così possa perderti
    nell'antro della follia.

    Alda Merini, da "La terra santa"


    Pensée, je n’ai plus de paroles
    Mais qui es-tu au fond
    Quelque chose qui parfois pleure
    Et parfois illumine
    Pensée où sont tes racines
    Dans mon âme folle
    Ou dans mon ventre détruit ?
    Tu es tellement vorace
    Epuises chaque distance
    Dis-moi de me retourner
    Comme Orfeo le fit déjà
    Regardant son Euridyce
    Et se perdant ainsi
    Dans l’antre de la folie

    Alda Merini "La terre sainte"

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  19. L'esprit enjoué (estival) de l'Enfance contre le sérieux appliqué et besogneux du Jardinier (Le mot "Gardener" fait d'ailleurs très "Gardien du Temple"...). Merci de nous offrir cette "tonnante pièce de R.-L. Stevenson et félicitations aussi à la photographe de cette jolie fleur au coeur doré, à la si riche corolle... comme vue depuis les antennes de l'abeille qui la survole... Beau w.-e. en cet été indien qui s'étire !

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  20. Pas de langue de bois alors hein ... :)
    Je ne suis pas surprise que tu célèbres la diversité et les langues !
    En langue d'ici , juste pour toi

    " Lo poëta es benlèu lo que tempta de donar votz a son ritme del dintre, a son temps personal, que pica en segondas o en sègles. Es lo que tresmuda en paraula aquel fenomèn qu'es l'escolament de sa durada intima. "

    " Le poète est peut-être celui qui tente de donner voix à son rythme intérieur, à son temps personnel, qui bat en secondes ou en siècles. Celui qui transforme en paroles ce phénomène qu'est l'écoulement de sa durée intime. "

    Jean-Claude Forêt

    Bises occitanes ;)

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  21. O Dia Europeu das Linguas é uma boa ideia. E pena que as Instituições europeias, por razões ditas económicas, deixou de recrutar todos quantos não falam inglês, que se tornou praticament a única lingua utilizada no seio das instituições.
    -
    La journée européenne des langues est une excellente idée. Dommage que les institutions européennes, pour des soi-disant raisons économiques, exclue lors du recrutement tous ceux qui ne connaissant pas suffisamment l'anglais qui est devenu, au long des ans, quasi la seule langue parlée à l'intérieur des institutions.

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  22. très amusant ce texte de Stevenson, merci de nous le, faire connaître

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Je recueille t'aime haut et te lis bien et beau ...
Merci pour ton charme en passage !